Mark Zuckerberg n'a plus le temps. Ou plus l'envie. Ou les deux. Selon le Financial Times, le CEO de Meta est en train de fabriquer un clone IA de lui-même, entraîné sur son image, sa voix, ses tics et ses déclarations publiques. Objectif officiel : permettre aux employés de « se sentir plus connectés au fondateur ». Traduction : Zuck pourra enfin déléguer le supplice des réunions à un automate tout en continuant à cultiver son mythe. Le narcissisme comme service.
Le management par procuration algorithmique
On savait Zuckerberg obsédé par le contrôle. Voilà qu'il pousse le vice jusqu'à vouloir le déléguer. L'IA avatar serait nourrie de ses moindres faits et gestes médiatiques pour reproduire le script. Une performance digne d'un épisode de Black Mirror, mais avec le sourire crispé du fondateur en fond d'écran. La promesse ? Une accessibilité permanente. La réalité ? Un patron fantôme, encore plus distant, qui vous parle via un algorithme. Le summum de la « connection » déshumanisée.
La fuite en avant d'un empire en perte de sens
Le timing est savoureux. Pendant que Meta dépense des milliards dans son pari métaversique qui ne décolle pas, que Threads peine à exister face à X, et que les recettes publicitaires tremblent, la priorité absolue serait… de cloner le patron. Priorités. L'expérience, si elle « réussit », serait ensuite proposée aux créateurs. Le plan est limpide : transformer chaque influenceur en une armée de bots à son image, multipliant le contenu (et les revenus publicitaires) sans l'aléa humain. La plateforme devient un cimetière de clones interactifs.
Le feedback sans le feed, ni le back
« Fournir du feedback aux employés », affirme le rapport. Imaginez la scène : vous posez une question cruciale sur la stratégie à un hologramme de Zuckerberg, et il vous répond par une phrase sortie de son keynote de 2016 sur « connecter le monde ». Un dialogue de sourds, mais version deepfake. C'est l'essence même du management toxique à l'ère de l'IA : l'illusion de l'accès, le leurre de la proximité, pour mieux masquer l'absence totale d'écoute réelle. Le feedback devient un monologue pré-enregistré.
Et après ? Le conseil d'administration en NFTs ?
La prochaine étape est écrite : si le clone de Zuck passe en production, pourquoi pas un chatbot du conseil d'administration ? Un avatar de Sheryl Sandberg pour les départs ? La direction d'entreprise réduite à une collection de profils LinkedIn animés par du GPT. On appelle ça de l'innovation. Nous, on appelle ça la grande démission des responsabilités. Quand le patron préfère envoyer son double numérique au front, c'est que le vrai combat est déjà perdu.
Meta ne bâtit pas le futur. Elle embaume le présent dans la silicone des modèles de langage. Zuckerberg ne se clone pas pour ses employés. Il fuit. Et il vous vend la fuite comme une révolution.