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Zanskar ressuscite une centrale : miracle ou arnaque ?

Une centrale quasi morte, rachetée pour une bouchée de pain, aujourd'hui présentée comme une prouesse. Mais à qui profite le conte de fées ? Le contribuable, encore une fois.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : MIT TECHNOLOGY REVIEW
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C'est l'histoire d'une centrale géothermique du Nouveau-Mexique qui se mourait. En juin 2024, la petite société Zanskar l'a rachetée pour presque rien, alors que l'eau du réservoir se refroidissait à vue d'œil. Deux ans plus tard, la voilà remise à flot, tournant à pleine capacité. Les communicants se frottent les mains. Les naïfs applaudissent. Mais regardons les chiffres de plus près, sans lunettes roses.

Un cadavre racheté au rabais

Quand une centrale géothermique voit la température de son fluide chuter de manière inexorable, elle devient une passoire à cash. Les équipements tournent, les turbines soupirent, mais l'électricité produite ne couvre même plus les frais de maintenance. C'est exactement le cadeau empoisonné que Zanskar a accepté de prendre. Pour combien ? Quelques millions de dollars, peut-être moins que le prix d'une villa californienne. Quand on achète une usine en phase terminale, on n'est pas un sauveur, on est un charognard avec un business plan.

La technologie miracle : un vieux tuyau repeint

Zanskar nous raconte que grâce à ses « innovations de rupture », la centrale tourne à nouveau à pleine capacité. Admirable. Mais de quoi s'agit-il concrètement ? De l'injection d'eau sous pression, de la fracturation de roches plus profondes, et de la réinjection des fluides pour recharger le réservoir. Les ingénieurs pétroliers font exactement la même chose depuis les années 1970. Ce n'est pas une révolution, c'est de la récupération assistée appliquée à la géothermie. Le seul vrai miracle, c'est qu'un chargé de com ait réussi à vendre ça comme une épiphanie technologique.

Qui a payé la note ?

Parlons argent. Parce que dans le New Mexico, l'électricité verte sans subvention n'existe pas. Zanskar a bénéficié de crédits d'impôt fédéraux issus de l'Inflation Reduction Act, de subventions de l'État, et probablement d'exemptions fiscales locales. Sans cet argent public, l'usine serait un tas de ferraille chauffé au soleil. Ce n'est pas un crime, mais il faudrait arrêter de vendre cela comme une prouesse entrepreneuriale. C'est un projet assisté par le contribuable, point final.

Verdict : la perfidie du pragmatisme

Ne soyons pas injustes. La centrale produit de l'électricité décarbonée, stable, et elle fait tourner des emplois dans une région qui n'en a pas beaucoup. C'est très bien. Mais cette histoire sent la fable. On nous présente une petite entreprise courageuse qui sauve une infrastructure abandonnée par les gros méchants capitalistes. En réalité, Zanskar a acheté à bas prix un actif déprécié, a injecté des fonds publics, et fera fortune à la revente ou à la bourse. Le vrai héros de l'histoire, c'est le contribuable américain. Encore une fois.

Alors oui, bravo pour cette remise en service. Mais gardez vos trompettes. Ici, on applaudit les faits, pas les contes de fées.

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