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UE-Japon : un partenariat numérique qui sent la naphtaline et les communiqués

Le quatrième Conseil du partenariat numérique UE-Japon s’est réuni pour produire le même communiqué creux que les trois précédents. Valeurs démocratiques, human-centré, tout ça… mais zéro résultat concret. Derrière la photo de famille, des industries qui veulent freiner la concurrence et des citoyens qui attendent toujours des droits numériques réels.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : EU DIGITAL STRATEGY
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Bruxelles, 5 mai 2026. Le quatrième conclave du Conseil du partenariat numérique UE-Japon s’est tenu dans la capitale belge, sous l’œil bienveillant des photographes de GettyImages et des communicants en costume. Les deux blocs se sont congratulés mutuellement pour leur « partenariat stratégique », leurs « valeurs démocratiques partagées » et leur approche « centrée sur l’humain » de la transformation numérique. Traduction : on ressort le même discours creux depuis trois ans, sans un seul résultat concret qui ne sente le lobbying.

Des valeurs qui font le buzz, pas les comptes

Le document de 12 pages – téléchargeable en PDF, bien sûr – aligne les mêmes promesses qu’aux réunions précédentes : coopération sur l’IA, les données, les semi-conducteurs, les infrastructures numériques, les plateformes en ligne. Rien de neuf sous le soleil de la Commission. Pendant ce temps, les GAFAM continuent de siphonner les données européennes et japonaises sans que ce conseil ne produise une seule régulation contraignante. Le vrai chiffre ? 0 directive adoptée, 0 sanction prononcée, 0 euro récupéré.

Le vrai agenda : freiner l’innovation pour protéger les vieilles industries

Si l’on gratte le vernis « human-centric », on découvre un tandem qui cherche surtout à ralentir la concurrence chinoise et américaine. L’UE et le Japon veulent imposer des normes « communes » – comprenez : des barrières technocratiques qui favorisent leurs champions nationaux comme Siemens, SAP, Toshiba ou NTT. La souveraineté numérique devient un prétexte pour subventionner des entreprises qui n’ont pas innové depuis 2010. Pendant ce temps, les startups européennes et japonaises crèvent faute de financement réel, noyées sous des directives-caoutchouc.

Questions qui fâchent : où est l’argent ? Où est le data ?

Le communiqué de presse joint parle d’« accélérer la coopération ». Accélérer quoi ? Les réunions, peut-être. La quatrième en trois ans, ce n’est pas un sprint, c’est un enterrement de première classe. Aucun calendrier pour un accord sur les flux de données transfrontaliers, aucune mention des pratiques de surveillance de masse (souvenez-vous du scandale Pegasus au Japon ?). Les « droits numériques » sont brandis comme un hochet, mais les citoyens n’ont toujours pas le contrôle de leurs données, et les plateformes (Meta, Google) continuent de décider seules des règles. Interpellation directe, Thierry Breton : où sont les actes derrière le blabla ?

Ce partenariat ressemble à une couverture de sécurité que les deux bureaucraties agitent pour donner l’illusion de maîtrise dans un monde numérique qui leur échappe. La prochaine réunion sera sans doute en 2028, avec la même photo, le même communiqué, et zéro avancée. Mais au moins, ils auront bien déjeuné aux frais du contribuable.

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