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Tom Steyer et son mirage d'emplois garantis : l'IA ne fait pas de cadeaux

Tom Steyer nous promet des emplois garantis contre les ravages de l'IA. On parie que ce sera chez ses copains milliardaires ? Une proposition creuse qui ne fait que masquer les vrais enjeux : qui profite vraiment de l'automatisation ?

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : WIRED AI
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Tom Steyer, milliardaire vertueux et candidat à la gouvernance californienne, a une nouvelle idée lumineuse : garantir un emploi à chaque travailleur déplacé par l'intelligence artificielle. On applaudit bien fort, surtout en imaginant le nombre de postes chez Farallon Capital Management — sa propre boîte. Car oui, le monsieur qui veut sauver le prolétariat de la technologie a fait fortune en jouant avec l'argent des autres. Rien de tel qu'un capitaliste repenti pour nous pondre une proposition qui sent l'arnaque à plein nez.

La garantie d'emploi : le nouveau Cheval de Troie électoral

Sous prétexte de protéger les travailleurs, Steyer propose une garantie d'emploi financée par l'État. Concrètement, ça veut dire quoi ? Que la Californie, déjà en déficit chronique, va payer des gens à ne rien faire ou à occuper des postes bidons créés par l'administration. C'est joli sur un tract, mais dans la vraie vie, on sait comment ça finit : des emplois fictifs, une bureaucratie gonflée, et les vrais dégâts de l'IA — qui, elle, continue de supprimer des postes sans états d'âme.

Steyer oublie de mentionner que l'IA n'est pas un phénomène naturel : c'est une industrie pilotée par ses amis milliardaires. Au lieu de taxer les robots ou de réguler les entreprises qui remplacent les humains, il nous sort un filet de sécurité qui ressemble à une assurance-vie souscrite chez un vendeur de voitures d'occasion.

Le vrai problème : qui se goinfre dans l'histoire ?

Regardons les chiffres : 38 % des entreprises californiennes utilisent déjà une forme d'automatisation intelligente. D'ici 2030, on estime que 2,3 millions de travailleurs pourraient être directement affectés dans l'État. Pendant ce temps, Steyer promet des emplois… mais combien, pour quel budget, avec quels contrôles ? Silence radio. Le flou artistique, c'est la spécialité des candidats qui veulent être aimés sans avoir à agir.

Et devinez qui conseille Steyer sur la question ? Les mêmes fonds d'investissement qui parient sur les startups d'IA. Conflit d'intérêts ? Que nenni, c'est de l'innovation participative. On se demande si la garantie d'emploi ne cache pas plutôt une promesse de main-d'œuvre bon marché pour les entreprises qui licencient. Comme ça, tout le monde est content : les actionnaires, les politiciens, et les travailleurs… qui triment dans des missions de service public payées au lance-pierre.

Une proposition à jeter avec l'eau du bain

Pendant que Steyer fait son show, d'autres avancent des pistes sérieuses : taxer les robots, redistribuer les gains de productivité, former massivement dans les métiers protégés par l'IA. Mais non, le candidat préfère une solution simpliste qui fait plaisir aux syndicats et aux électeurs de gauche. Le résultat ? Une mesure qui ne résout rien, coûte cher, et donne bonne conscience à ceux qui n'ont jamais eu à craindre pour leur poste.

Alors oui, l'emploi garanti de Steyer, on peut l'appeler autrement : une promesse en l'air qui sent la naphtaline et le calcul électoral. L'IA, elle, continue de tourner sans états d'âme. Et les travailleurs californiens, eux, continueront de se faire avoir par ceux qui prétendent les sauver. C'est presque beau, tellement c'est prévisible.

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