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TikTok et son détecteur de clones : l'aveu pathétique d'un réseau qui s'ignore

TikTok dégaine un outil anti-deepfake optionnel, avec vérification biométrique chez Jumio – un cache-sexe technologique pour un réseau qui laisse prospérer les clones. Pendant ce temps, YouTube a déjà déployé une solution pour tous. La comédie continue.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
TikTokAI likeness detectionJumioidentity verificationcontent creators

TikTok annonce tester un outil censé repérer les images générées par IA qui imitent des créateurs. Un gadget de plus, dégainé avec la solennité d'un communiqué nucléaire. La vérité ? C'est un cache-sexe sur une plaie ouverte.

Un outil « opt-in » : la responsabilité que l'on refourgue

L'outil est optionnel, bien sûr. Parce que rien ne dit « on s'en fout » comme un système que seuls les créateurs paranos activeront. Matt Navarra, consultant en médias sociaux, a repéré cette merveille : les TikTokeurs concernés (une poignée d'élus US, pas les millions de bougres) devront d'abord se faire vérifier l'identité par une société tierce, Jumio. Auto-scanner en temps réel, vérification de papiers, farandole biométrique. Et après ? « TikTok ne conserve pas les documents d'identité, et les informations faciales... » — oui, on connaît la ritournelle. On te fait scanner ta tronche, mais promis, on jure qu'on garde rien. Comme on a juré que les modos ne liraient pas tes messages privés. Jumio, au passage, est une boîte qui monnaye déjà vos selfies aux assureurs et aux banques. Mais rassurez-vous, c'est pour votre bien.

Le vrai problème, TikTok, tu le sais : tu es une machine à fabriquer des deepfakes

Depuis des mois, des comptes entiers peuplés de sosies générés par IA pullulent sur la plateforme. Certains se font passer pour des influenceurs connus, d'autres inventent de toutes pièces des personnalités. Résultat : des arnaques, des usurpations, des notoires qui voient leur image détournée sans aucun recours. Et TikTok ? Il propose un test discret à quelques happy few, avec une vérification digne d'un contrôle aéroportuaire. Pendant ce temps, les vrais créateurs qui croulent sous les clones doivent faire la queue chez Jumio pour prouver qu'ils sont humains. Pathétique.

YouTube a fait mieux, et plus vite

Pendant que TikTok tâtonne, YouTube a déjà déployé un outil similaire à tous ses utilisateurs adultes. Pas de test, pas de Jumio, pas de cirque. Une différence de taille : chez Google, on a compris que la détection des imitations IA, ce n'est pas un service après-vente pour starlettes, c'est un enjeu de sécurité publique. TikTok, lui, se traîne comme un escargot sur un tapis roulant. Pourquoi ? Parce que ces contenus frauduleux génèrent de l'engagement, et que l'engagement, c'est du pognon. Tant que les régulateurs ne menacent pas les revenus pub, on reste en mode « test bêta ».

De qui se moque-t-on ?

Zachary Kizer, porte-parole TikTok US, annonce que l'outil est testé « avec certains créateurs américains ». « Certains », c'est-à-dire probablement ceux qui ont assez d'abonnés pour faire du bruit s'ils se plaignent. Les autres, les invisibles, les créateurs de niche, ils peuvent toujours courir après une reconnaissance faciale. Bref, TikTok ajoute une couche de surveillance biométrique déléguée à un sous-traitant, sans garantie réelle de protection, et en prétendant que c'est un progrès. C'est comme offrir un gilet pare-balles aux soldats en première ligne, mais en exigeant qu'ils paient la moitié.

Alors, bravo TikTok. Tu nous sers ton énième « outil de confiance » qui ne trompe personne. Mais au moins, tu auras un alibi quand le prochain scandale éclatera : « Mais on avait un système, monsieur le juge ! » Ouais, un système tout pourri, testé sur 1 % de tes utilisateurs, et qui exige de se faire scanner comme un colis suspect. La prochaine fois, tu pourrais peut-être réfléchir à pourquoi tu as autant de faux comptes avant d'essayer de les cacher.

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