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Suno pris la main dans le pot de YouTube

Un hacker a ouvert le code source de Suno : le générateur de musique IA pompait des décennies d'audio sur YouTube sans aucune autorisation. Artistes, vous venez de vous faire baiser en silence.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Les petits génies de Suno, ce générateur de musique IA qui vendait du rêve aux producteurs en manque d'inspiration, viennent de se faire balancer par un hacker qui avait mieux à faire que de regarder des chats miauler. Le code source a parlé : pendant que Suno vous promettait des mélodies originales, il pompait joyeusement des décennies d'audio sur YouTube. Bravo l'artiste.

Le hacker qui a ouvert la boîte de Pandore

Un pirate a utilisé les identifiants d'un employé pour mettre la main sur les coulisses du monstre. Et là, surprise : des scripts qui scrappent des heures et des heures de son, directement depuis la plateforme de Google. Pas de licence, pas de permission, juste un 'on verra après' typique de la Silicon Valley. Selon nos sources, plus de 50 millions de fichiers audio auraient été aspirés, allant de tubes des années 60 à des podcasts de comptines pour bébés. Suno, c'est le nouveau Napster, mais en pire : au moins Napster ne faisait pas semblant de créer.

Le grand bluff de l'IA 'originale'

Pendant des mois, Suno s'est pavane avec ses 'réseaux de neurones entraînés sur des données propriétaires'. Traduction : on a volé ce qu'on pouvait, on a mixé, et on vous vend ça comme une révolution. Le CEO, Mikey Shulman, a même osé parler d'"empathie algorithmique" dans une interview. Empâthique, oui, comme un voleur qui vous pique votre portefeuille en vous disant que c'est pour la bonne cause. Le pire ? Les artistes dont les œuvres ont été scrapées ne verront jamais un centime. Pendant que Suno lève 125 millions de dollars (série B, août 2024), les créateurs originaux triment sur Spotify.

YouTube, le complice silencieux

Et YouTube dans tout ça ? La plateforme a des conditions d'utilisation qui interdisent le scraping non autorisé. Mais comme d'habitude, l'application est laxiste. D'ailleurs, Google lui-même entraîne ses IA sur YouTube, mais il peut se le permettre. Suno, c'est un petit poisson qui cherche à se faire une place dans le vivier. Résultat : un procès en vue ? Les avocats se frottent les mains. Sauf que les poursuites, ça prend des années, et le temps que la justice passe, Suno aura déjà pompé toute la discothèque mondiale.

Qui paie vraiment la note ?

Derrière ce joli bordel, il y a des investisseurs sérieux : des fonds comme GV (Google Ventures) et Index Ventures. Eux, ils s'en fichent des droits d'auteur. Ce qui les intéresse, c'est la croissance à tout prix. Pendant ce temps, les abonnés payants de Suno (300 000 utilisateurs à 10 dollars par mois) financent le vol organisé. Vous voulez une musique générée par IA ? Attendez-vous à ce qu'elle soit générée à partir du travail non rémunéré de milliers d'artistes. C'est le modèle économique de la tech : externaliser les coûts, privatiser les bénéfices.

La morale de l'histoire

Ce hack n'est pas un accident. C'est un signal d'alarme. L'IA musicale n'est pas une création divine, c'est un recyclage de l'existant. La prochaine fois que vous utiliserez Suno, rappelez-vous : vous écoutez peut-être du Daft Punk que personne n'a payé, du Beatles volé, du Mozart détourné. Et le hacker, lui, il a juste fait le boulot que les régulateurs auraient dû faire : mettre le nez dans le code. Maintenant, Suno, tu assumes ou tu retournes à tes petites expériences de laboratoire ?

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