Spotify vient d'annoncer que son fameux AI DJ — ce petit robot qui vous susurre des morceaux à l'oreille comme un copain un peu trop enthousiaste — parle désormais français, allemand, italien et portugais brésilien. Sauf que derrière la news à la con, c'est tout le cynisme de la tech qui se dévoile.
Une traduction, pas une révolution
Lancé en grande pompe en février 2023 aux États-Unis, le DJ virtuel de Spotify n'a jamais été qu'un algorithme de recommandation affublé d'une voix synthétique et d'un ton pseudo-décontracté. Aujourd'hui, l'entreprise suédoise ajoute quatre langues à son joujou. Bravo. 400 millions d'utilisateurs attendaient ça, non ? Sauf que derrière ce communiqué flatteur, il n'y a aucune innovation. C'est juste du copier-coller linguistique, du grattage de fond de catalogue pour faire croire à une expansion internationale.
Les vrais DJs peuvent aller se rhabiller
Spotify nous vend un « compagnon musical personnalisé ». En réalité, c'est un simple répondeur qui crache des playlists en fonction de vos écoutes passées. Le vrai travail des DJs humains — la sélection, la mise en contexte, l'émotion — est remplacé par une machine qui ne comprend rien à la musique. Mais pourquoi faire confiance à un humain quand on peut avoir une IA qui vous dit « J'ai bien aimé ce morceau de rap que t'as écouté trois fois en 2019 » ?
L'argent, toujours l'argent
Ce qui est rigolo, c'est que Spotify perd encore de l'argent — plus de 500 millions d'euros de pertes en 2023 — mais trouve le budget pour localiser un gadget inutile. Pendant ce temps, les artistes touchent des miettes (entre 0,003 et 0,005 dollar par stream). Le vrai business, c'est de vous garder collé à l'écran le plus longtemps possible, pas de vous faire découvrir de la musique. L'AI DJ est un outil de rétention, pas un service. Et ça, personne ne vous le dit.
Qui se goinfre ?
Les actionnaires et les dirigeants de Spotify, Daniel Ek en tête, se frottent les mains. L'IA leur permet de réduire les coûts (fini les playlisteurs humains, fini les animateurs radio) tout en augmentant le temps d'écoute. Et vous, vous écoutez docilement une machine vous dire que tel tube est « parfait pour votre mood ». Vous êtes le produit, pas le client.
Alors non, Susanoo News ne tombera pas dans le panneau. L'AI DJ en français, c'est juste un cache-misère. Une rustine sur une plateforme qui a oublié ce qu'est la musique. Et si vous voulez vraiment un DJ, allez voir un vrai humain. Il coûtera peut-être un verre, mais au moins il aura du goût.