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SpaceX veut claquer 119 milliards dans une fabrique de puces : le rêve mégalo

SpaceX annonce vouloir investir 119 milliards de dollars dans une usine de semi-conducteurs au Texas. Mais derrière les chiffres ronflants, se cache un projet qui sent le mégalomane maladif et la subvention bien grassouillette.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Cher Elon, tu as déjà les fusées, les satellites, les tunnels, les neuralinks, les cybertrucks qui rouillent... Mais il te manquait une usine de semi-conducteurs. Forcément, quand on a une petite entreprise familiale de 119 milliards de dollars à investir, pourquoi se priver ?

Le Terafab : usine de rêve ou gouffre à cash ?

Selon la proposition, ce serait une "installation de fabrication de semi-conducteurs et de calcul avancé de nouvelle génération, multi-phase, intégrée verticalement". Traduction : Musk veut produire ses propres puces, parce que celles des autres ne sont pas assez cool. Le coût ? 119 milliards de dollars. Pour référence, c'est plus que le PIB de la Nouvelle-Zélande, et environ trois fois le budget annuel de la NASA. Mais qui compte ?

On connaît la musique : annonce pompeuse, promesse de création d'emplois, lobbying pour des subventions massives. Pendant ce temps, TSMC a investi 40 milliards dans trois usines en Arizona, Intel 20 milliards dans l'Ohio. Mais Elon, lui, veut le mégacomplexe le plus cher de l'histoire de l'humanité. Parce que pourquoi faire simple quand on peut faire mégalo ?

Pourquoi SpaceX a besoin de ses propres puces ?

La justification officielle : les besoins en calcul pour Starlink, les fusées, et autres joujoux. Sauf que SpaceX n'a jamais eu de problème majeur d'approvisionnement. Alors pourquoi cette folie ? Peut-être pour alimenter l'égo démesuré de son fondateur, qui veut tout contrôler de la matière première au logiciel. Intégration verticale : le mot magique pour justifier n'importe quelle dépense.

Et si on regarde les précédents : Tesla a construit sa propre gigafactory de batteries, et ça a coûté une blinde pour un résultat mitigé. Alors pourquoi les semi-conducteurs seraient différents ? Peut-être parce que Musk a un trou dans sa collection de jouets industriels.

Qui paie ? Les contribuables, pardi

Bien sûr, 119 milliards ne sortent pas de la poche de Musk. Il va négocier des abattements fiscaux avec le Texas, des subventions fédérales via le CHIPS Act, et probablement des prêts garantis par l'État. Pendant ce temps, les écoles publiques du Texas ferment, les routes se dégradent, mais on va filer des milliards à un milliardaire pour qu'il joue à l'usine. Félicitations, citoyens, vous financez le prochain caprice d'Elon.

Déjà que SpaceX reçoit des contrats publics juteux (NASA, Défense), voilà qu'on va lui offrir une usine de puces sur un plateau. Le CHIPS Act était censé soutenir l'industrie américaine, pas construire le parc d'attractions technologique d'un seul homme.

Le timing parfait pour une bulle

Le marché des semi-conducteurs est cyclique. Après une pénurie post-Covid, on assiste à une surabondance de capacité. TSMC, Samsung, Intel investissent déjà massivement, avec le risque d'une bulle. Ajouter 119 milliards de capacité ? C'est soit une vision géniale, soit une connerie monumentale. Devinez vers quoi penche la balance.

Et puis, fabriquer des puces, ce n'est pas comme assembler des fusées. Les rendements, la finesse de gravure, les processus... C'est un métier. Musk pense qu'avec de l'argent et des ingénieurs brillants, on peut tout faire. L'histoire nous rappelle que l'argent ne remplace pas l'expertise. Demandez à Intel qui a tenté de devenir fondeur et s'est planté.

Verdict : Projet grandiose ou pétard mouillé ?

Musk aime les annonces à 100 milliards. Mais combien se concrétisent ? Le Hyperloop ? Les tunnels sous Las Vegas ? Le Cybertruck qui arrive en 2023 ? Bref, on parie que ce Terafab restera dans les cartons, ou sera réduit à une fraction du budget. Mais le mal est fait : l'attention est captée, les subventions sont demandées, et le nom de Musk brille une fois de plus dans les médias.

Alors oui, SpaceX, avec tout le respect que l'on doit à tes fusées réutilisables, cette fois tu as dépassé les bornes. 119 milliards pour une usine de puces qu'on ne te demande pas ? C'est soit un coup de génie, soit la plus grande arnaque depuis l'affaire Theranos. On penche pour la seconde option.

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