Elon Musk a une nouvelle lubie: construire des puces AI au Texas. Mais attention, pas n’importe comment: il faut 55 milliards de dollars, une demande de réductions d’impôts, et des promesses qui sentent le pétrole brûlé. Comme si l’humanité avait besoin d’un autre trou noir financier au nom de l’intelligence artificielle. Le dossier, déposé dans le comté de Grimes, est un classique du genre: une entreprise qui menace de ne pas s’installer ailleurs si on ne lui offre pas un tapis rouge fiscal. Pendant ce temps, les contribuables texans paient la note.
Terafab: le mot magique pour faire pleuvoir l’argent public
SpaceX, la société qui vous envoie des satellites publicitaires, veut désormais devenir fabricant de semi-conducteurs. Le projet "Terafab" est annoncé comme capable de produire 200 gigawatts par an de puces. Oui, vous avez bien lu: des gigawatts de puces. Un chiffre absurde qui mélange allègrement puissance électrique et production de composants, comme si Musk jouait avec des unités aussi sérieusement qu’avec ses tweets. La demande d'exonération fiscale déposée auprès des autorités locales est, elle, bien réelle. Et elle pourrait atteindre 119 milliards de dollars au total si les phases suivantes voient le jour. Un montant qui ferait passer le budget de la NASA pour une simple cagnotte de comité des fêtes.
Qui paie le rêve texan ? Vous, pauvres naïfs
Derrière les annonces grandiloquentes, une question simple: qui va casquer ? Les collectivités locales, déjà étranglées par les réductions d’impôts accordées à Tesla, à SpaceX et à toutes les filiales Musk, sont mises à contribution. Selon l'avis public consulté par nos confrères, la demande de tax breaks est présentée comme nécessaire pour "attirer l'emploi et l'innovation". Traduction: on fait miroiter des milliers de postes pour obtenir des exonérations, puis on licencie à tour de bras dès que les subventions sont acquises. Rappelez-vous Twitter/X: les promesses d'emplois se sont envolées plus vite que les fusées de SpaceX (quand elles n'explosent pas).
200 GW par an ? On marche sur la tête ou on fabrique des puces ?
Musk a annoncé en mars dernier une usine capable de produire suffisamment de puces pour supporter 200 GW de calcul par an. Soit l'équivalent de 200 réacteurs nucléaires ou de plus de 60 millions de panneaux solaires. Mais concrètement, cela signifie quoi ? Rien, puisque la métrique est bidon. C'est comme annoncer une voiture qui consomme 100 km par litre: ça n'a aucun sens. Sauf que là, il s'agit de convaincre des investisseurs et des élus locaux de mettre la main au portefeuille. Le flou artistique est au cœur du business model Musk: on balance des chiffres faramineux, on emballe les médias, et on laisse le monde réel se débrouiller.
Le poker menteur des réductions d'impôts
Le procédé est rodé: une entreprise menace de s'installer ailleurs, les collectivités plient, et le contribuable trinque. Ici, SpaceX demande officiellement un allègement fiscal pour un projet qui n'a même pas encore de permis de construire. Et pendant ce temps, les écoles du comté de Grimes manquent de budgets. Mais rassurez-vous: Elon Musk construira peut-être une Terafab, un jour, quelque part. En attendant, il continue de jouer avec les milliards publics comme un enfant avec des Lego. N'oubliez pas: chaque fois que vous applaudissez une promesse à 55 milliards, quelqu'un, quelque part, paie les intérêts.