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Sora, la caméra de surveillance déguisée en jouet

OpenAI n'a pas fermé Sora par vertu éthique. Ils ont simplement fermé le robinet une fois le réservoir de visages rempli. Six mois de 'beta test' ont suffi à constituer la plus vaste ferme de données biométriques jamais récoltée sous couvert de créativité.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Le ‘beta test’ qui sentait le piège à données

La semaine dernière, OpenAI a discrètement tiré la prise sur Sora, son générateur de vidéos IA. Six mois. C’est le temps qu’il leur a fallu pour récolter ce qu’ils voulaient avant de fermer boutique. Leur excuse officielle ? Des ‘problèmes de scaling’ et des ‘préoccupations éthiques’. La réalité ? La mission était accomplie. L’appli, présentée comme un jouet créatif, invitait les utilisateurs à uploader leurs propres visages. Des millions de gueules, de sourires, d’expressions, livrées sur un plateau. Gratuitement. Pour ‘améliorer le modèle’. On vous voit venir, les gars.

Le business model caché : votre face est leur data

OpenAI n’est pas une association caritative. C’est une machine à cash qui carbure aux données. Sora n’était pas un produit, c’était un appât. Pendant que les naïfs s’amusaient à se mettre dans des films de pirates, les serveurs d’Altman engrangeaient des terabytes de données biométriques brutes. Des visages sous tous les angles, avec toutes les émotions. Le Saint-Graal pour entraîner les prochains modèles de reconnaissance faciale, de deepfakes ‘réalistes’, ou de publicité hyper-personnalisée. Ils ont acheté votre portrait pour le prix d’un filtre Instagram.

L’éthique, ça s’invite toujours après le festin

Les ‘préoccupations éthiques’ sont sorties du chapeau après la collecte. Pratique. C’est le même scénario que pour les voix de ChatGPT : on lance, on récolte, on se rétracte une fois le butin sécurisé. Le timing est trop parfait pour être honnête. La fermeture coïncide étrangement avec l’augmentation des interrogations des régulateurs sur la collecte de données biométriques en Europe et aux États-Unis. Coïncidence ? Bien sûr que non. C’est la stratégie du ‘move fast and collect faces’.

Et maintenant ? Votre double numérique leur appartient

La question n’est pas de savoir pourquoi ils ont fermé Sora, mais ce qu’ils vont faire des données. Les Conditions Générales d’Utilisation, que personne ne lit, leur donnent très probablement une licence large pour utiliser ces visages afin d’‘améliorer leurs services’. Traduction : votre likeness peut désormais servir à entraîner des modèles vendus à des gouvernements, des agences de marketing, ou pire. Vous croyez avoir supprimé votre compte ? Les embeddings de votre visage, eux, sont immortels dans leurs datasets.

La leçon : si c’est gratuit, vous êtes le bétail

La fermeture de Sora n’est pas un échec. C’est une réussite cynique. Ils ont obtenu, à coût quasi nul, un dataset de visages humains d’une richesse inouïe, bien plus varié et ‘naturel’ que tout ce qu’ils auraient pu acheter ou scraper légalement. La prochaine fois qu’une entreprise d’IA vous propose un ‘outil créatif gratuit’ en échange d’un selfie, souriez. Vous venez de signer un chèque en blanc sur votre identité numérique.

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