S
Susanoo
NEWS // IA & TECH
LIVE
IA ACTIL Y A 1SEM4 MIN DE LECTURE

Sony sort l'artillerie lourde : 30 000 chansons contre Udio, la fin du rêve AI

Sony attaque Udio pour 30 000 chansons, mais le vrai but est ailleurs : tuer l'innovation pour préserver un monopole. Les majors préfèrent les tribunaux à la compétition.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
Sony MusicUdiocopyright infringementAI music generatorlawsuit

Le 17 février 2025, Sony Music a déposé une nouvelle plainte contre Udio, accusant le générateur de musique AI d'avoir pompé 30 847 œuvres — de 'Hound Dog' d'Elvis Presley à 'As It Was' de Harry Styles, en passant par 'Say My Name' de Beyoncé. Une liste que Sony qualifie de 'simple échantillon'. On croit rêver. Ou plutôt, on croit assister à la plus grande chasse aux sorcières musicale depuis le procès Napster. Sauf qu'ici, les sorcières sont des algorithmes et les chasseurs, des majors qui sentent leur monopole vaciller.

30 000 chansons, vraiment ?

Attendez, on refait le calcul. Sony, avec Universal et Warner, avait déjà attaqué Udio et Suno en 2024. Mais là, après avoir mis la main sur les données d'entraînement via une procédure de discovery, les avocats de Sony brandissent une liste de 30 000 titres. Soit environ 0,3 % du catalogue Sony. Pathétique ? Non, génial : ça leur permet de faire du bruit sans prouver grand-chose. Chaque chanson est une occasion de faire traîner en justice une startup qui n'a pas les moyens de se défendre. Pendant ce temps, les vrais artistes — ceux qui n'ont pas signé chez Sony — peuvent toujours créer des reprises AI gratos sur TikTok. Mais chut, ça n'intéresse personne.

L'AI music : une révolution ou un pillage organisé ?

Udio, comme Suno, promettait de 'démocratiser la création musicale'. En pratique, ils ont nourri leurs modèles avec des milliers de chansons protégées sans payer un centime. Les défenseurs de l'open source crient au génie, mais soyons honnêtes : c'est du vol pur et simple. Les lois sur le copyright n'ont pas été écrites pour l'IA, mais les juges ne sont pas stupides. En attendant, Sony se gave : chaque procès lui rapporte des dommages et intérêts potentiels, mais surtout une excellente couverture médiatique. La vraie question : pourquoi les labels n'ont-ils pas créé leur propre AI music générative ? Parce que ça coûte moins cher de traîner en justice les petits malins qui innovent.

Les chiffres qui tuent

Selon Music Business Worldwide, le procès liste 30 847 titres précis, datant de 1920 à 2023. Sony affirme que ce n'est 'qu'une petite partie' des infractions. Traduction : ils ont probablement 300 000 autres chansons en réserve, mais ils gardent ça pour le deuxième round. Pendant ce temps, Udio a déjà levé 10 millions de dollars en seed round, et Suno 125 millions. De l'argent qui part en frais juridiques plutôt qu'en développement. Ironique, non ? La startup qui voulait libérer la musique se retrouve étranglée par les très mêmes qui ont inventé le concept de 'propriété intellectuelle'.

Qui se goinfre vraiment ?

Suivons l'argent. Sony, UMG, Warner : ces trois majors contrôlent 70 % du marché mondial de la musique. Elles ont déjà écrasé le peer-to-peer, étranglé le streaming indépendant, et maintenant elles veulent tuer l'IA générative. Pourquoi ? Parce que si Udio gagne, n'importe qui pourra générer un tube en 30 secondes, sans passer par leur usine à hits. Adieu les avances de 500 000 dollars pour signer un artiste, adieu les deals juteux avec Spotify. Les majors ne défendent pas le droit d'auteur : elles défendent leur droit de cuissage sur la création. Et elles sont prêtes à noyer les tribunaux sous des millions de pages de PLAINTES pour ça.

La morale de l'histoire

Ne pleurez pas pour Udio. Ils ont pris des risques inconsidérés, et ils paient le prix. Mais ne applaudissez pas Sony non plus : ce procès est une opération de communication déguisée en bataille juridique. La vérité, c'est que l'industrie musicale préfère un statu quo moribond à une innovation qu'elle ne contrôle pas. Pendant que les avocats se frottent les mains, les musiciens indépendants continuent de se faire avoir par les deux camps. L'AI music, c'est soit la promesse d'une création sans entraves, soit le cheval de Troie des géants. Et pour l'instant, ce sont les multinationales qui mènent la danse.

← RETOUR À L'ACCUEIL
Sony sort l'artillerie lourde : 30 000 chansons contre Udio, la fin du rêve AI — SUSANOO NEWS | SUSANOO NEWS