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Science Corp : le premier implant cérébral pour soigner... les investisseurs

Max Hodak, ex-associé d'Elon Musk chez Neuralink, lance son propre implant cérébral. La promesse : guérir des maladies neurologiques. La réalité : un prototype qui n'a jamais vu un cerveau humain, une feuille de route plus floue qu'un scanner défectueux, et une levée de fonds qui sent bon le capital-risque désespéré.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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De Neuralink à 'Neuralink mais en plus petit' : la recette du déjà-vu

Max Hodak a quitté Neuralink en 2021, non pas pour échapper au cirque médiatique d'Elon Musk, mais apparemment pour en monter un identique. Sa nouvelle startup, Science Corp, promet aujourd'hui de placer son premier capteur dans un cerveau humain. Le pitch est un copier-coller usé : une « plateforme » nommée « Science Eye » pour traiter une myriade de conditions neurologiques, de la cécité aux lésions de la moelle épinière, via une stimulation électrique « douce ». La seule innovation tangible semble être l'absence de Musk sur les slides PowerPoint.

La feuille de route : entre science-fiction et fiction tout court

L'annonce, soigneusement distillée à TechCrunch, parle d'essais cliniques « à venir » et d'une approbation réglementaire « future ». Des termes vagues qui, dans le jargon de la biotech, signifient « nous n'avons pas encore franchi la porte du labo animal ». Le dispositif est présenté comme une solution potentielle pour des maladies complexes comme la rétinite pigmentaire. Un ambition noble, masquant mal le gouffre entre un prototype et un traitement approuvé – un gouffre qui se mesure en années, en milliards de dollars, et en échecs cuisants.

Suivez l'argent, pas les neurones

Le vrai signal, ici, n'est pas neuronal, mais financier. Science Corp a levé 80 millions de dollars en 2022, menée par des fonds comme Lux Capital et Founders Fund. Hodak, lui, parle de « science fondamentale ». Ses investisseurs, eux, espèrent un retour sur investissement fondamental. Le timing est révélateur : le secteur des neurotechnologies est en surchauffe spéculative, et tout ex-Neuralink portant un projet à moitié crédible devient un aimant à capital. La course n'est pas à la première implantation humaine, mais à la prochaine levée de série B.

Le jeu des promesses et des corps

« Pourrait aider », « une utilisation précoce pourrait être », « si cela s'avère efficace ». Le communiqué est truffé de conditionnels, l'armure rhétorique parfaite pour éviter toute responsabilité. Pendant ce temps, des patients désespérés lisent ces lignes comme une lueur d'espoir. La frontière entre l'ambition et l'exploitation de la détresse est plus fine qu'une électrode. Science Corp joue avec le feu éthique, habillant une quête de profit des atours glorieux de la médecine de rupture.

Conclusion : un cerveau, deux interprétations

Max Hodak a-t-il entre les mains une technologie révolutionnaire ? Peut-être. L'histoire nous apprend cependant que pour chaque vrai miracle médical, il existe dix charlatans en blouse blanche. Science Corp n'a pour l'instant démontré qu'une compétence : lever des fonds sur un pedigree et une promesse. Tant que le premier implant n'aura pas été placé, tant que les données indépendantes ne seront pas publiées, et tant que les « pourrait » ne se transformeront pas en « a fait », gardez votre scepticisme aussi aiguisé qu'une scalpel. Dans la Silicon Valley, on soigne souvent les bilans bien avant de soigner les patients.

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