L'Organisation mondiale de la sante a sorti son rapport annuel. Comme chaque annee, c'est le bulletin de notes de l'humanite. Et comme chaque annee, on flirte avec la moyenne eliminatorie. Le rapport 2026 publie mercredi est un chef-d'oeuvre de diplomatie bien propre pour masquer une debacle ambulante.
La reussite du statu quo
Souvenez-vous : en 2015, les nations ont jure sur la tete de leurs electeurs d'atteindre des cibles ambitieuses d'ici 2030. Dix ans plus tard, le verdict est cruel. Seulement 12% des objectifs sont sur la bonne voie, selon les donnees compilees par l'OMS. Mais attention : quand on gratte un peu, on decouvre que ces 12% concernent des indicateurs faciles a gonfler – comme le nombre de consultations virtuelles pendant le COVID. Le reste ? Un champ de ruines.
Des milliards evaporés en communication
Pendant que les ministres de la Sante alignent les communiques larmoyants, les budgets fondent comme neige au soleil. 1,2 billion de dollars ont ete injectes dans des programmes censes « accelérer les progres ». Resultat : le taux de mortalite infantile a baisse de… 0,3% dans les pays les plus pauvres. Un score que n'importe quel growth hacker vous obtiendrait en changeant la methode de calcul. Les vrais gagnants ? Les cabinets de conseil et les ONG aux frais de bouche astronomiques.
Qui se goinfre pendant que le monde creve
Suivons l'argent. Les 10 premieres firmes pharmaceutiques mondiales ont realise un benefice combine de 230 milliards de dollars en 2025. Pendant ce temps, les vaccins et medecines essentielles restent inaccessibles a 2 milliards de personnes. L'OMS lance des appels pathétiques au « partenariat public-prive » – autrement dit : on laisse les actionnaires dicter les priorites sanitaires. La menace d'une nouvelle pandemie ? Les gouvernements preferent subventionner les laboratoires plutot que financer des systemes de sante publique dignes de ce nom.
Le grand theater de la transparence
Le rapport 2026 se vante d'utiliser des « donnees ouvertes » et des « indicateurs harmonises ». Traduction : on noie le poisson dans des tableaux excel pour eviter de dire que les inegalites se creusent. L'esperance de vie dans les pays du Sahel a recule de 2,5 ans depuis 2019. Mais l'OMS prefere mettre en avant une legere baisse du tabagisme en Europe. Vous voulez des faits ? Les 7,5 millions de morts annuelles liees a la pollution de l'air auraient pu etre evitees si les accords de Paris avaient ete respectes. Mais non, le rapport prefere parler de « defis persistants » – un langage de technocrate qui ne veut pas fâcher les pollueurs.
Cher OMS, cherchez-vous vraiment a soigner ?
Chaque annee, le meme scenario : des promesses, des chiffres, des communiques. Et chaque annee, les memes laisses-pour-compte. Pendant que vous peaufinez vos data visualizations pour plaire aux bailleurs, 800 millions de personnes n'ont toujours pas acces a l'eau potable. Vous auriez pu etre l'hopital du monde. Vous etes devenu la vitrine du greenwashing sanitaire. Vos objectifs 2030 ? Autant les ecrire a l'avance : « echec partiel, mais nous progressons ». Beau travail.