San Francisco, la ville qui pleure ses sans-abris tout en sirotant des lattés à 8$, a trouvé une nouvelle cause noble : les apps de déshabillage IA. Le bureau du procureur de la ville a envoyé des lettres de mise en demeure à Apple et Google cette semaine, leur ordonnant de retirer 13 applications dites 'face-swap'. Ces applis, vendues comme des jouets inoffensifs, sont en réalité des machines à produire des deepfakes pornographiques sans consentement. Mais est-ce que quelqu'un va vraiment s'en offusquer ?
Les Bons Samaritains de Cupertino et Mountain View
Apple et Google, ces gardiens vertueux de nos données, font mine de découvrir le pot aux roses. Les apps en question, comme 'Undress AI' ou 'Clothoff', promettent de retirer les vêtements de n'importe quelle photo. Le public visé ? Très majoritairement des femmes, souvent des mineures, transformées en objets pornographiques sans leur consentement. Le procureur David Chiu s'indigne : 'Ces apps violent nos lois sur la pornographie non consensuelle et la protection des consommateurs'. Sauf que ces apps tournent depuis des mois, voire des années, avec la bénédiction tacite des géants de la tech. Mais bon, mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ?
Le Business de la Honte
Ce qui est croustillant, c'est que ces apps ne sont pas gratuites. Elles facturent entre 5$ et 50$ par 'transformation'. Pour un produit qui viole littéralement des droits humains. Apple et Google prélèvent leur commission de 30% sur chaque transaction, comme des seigneurs féodaux du vice. La lettre de San Francisco cite une estimation : ces 13 apps auraient généré plus de 2 millions de téléchargements rien que via les stores officiels. Mais qui compte ? L'argent, lui, ne se fait pas prier pour rentrer.
La Rage Impuissante des Régulateurs
Le bureau du procureur menace de poursuites si les apps ne sont pas retirées sous 48 heures. On connaît la musique : les avocats d'Apple vont sortir le sempiternel argument de 'nous examinons chaque app une par une', tandis que Google jouera la carte de 'nous avons des politiques strictes'. Sérieusement ? Le filtrage automatisé existe, les systèmes de signalement aussi. Mais tant que ça rapporte, pourquoi s'en priver ? La seule chose que San Francisco obtient, c'est un coup de projecteur médiatique. Les vrais coupables, ce sont les algorithmes de recommandation qui mettent ces apps en avant. Mais chut, ne dérangeons pas la machine à cash.
Et les Consommateurs dans Tout Ça ?
Pendant que les avocats s'écharpent, les victimes, elles, doivent vivre avec des images d'elles nues circulant sur des réseaux de partage douteux. Les applis 'nudify' sont souvent utilisées pour harceler des camarades de classe ou des collègues. San Francisco exige aussi que les entreprises fournissent aux victimes les données stockées sur ces apps pour des poursuites. Bon courage pour obtenir ça sans un juge et trois mois de procédure. Mais après tout, ce n'est que le prix à payer pour le progrès technologique, non ?
La Vraie Question
Quand est-ce qu'on arrêtera de jouer les vierges effarouchées ? Les apps de nudification ne sont que le dernier avatar de la misogynie numérique. Apple et Google ne sont pas des victimes, ce sont des complices. Ils ont les outils, ils ont les données, ils ont l'argent. Mais ils n'ont pas les couilles de couper le robinet. San Francisco leur demande poliment de faire leur ménage. On parie que d'ici un mois, les mêmes apps reviendront sous un nouveau nom, avec un nouveau logo, sans contrôle. Et le cirque continuera.