De l'édition photo à la fabrique de mensonges
Google a ouvert la boîte de Pandore avec ses outils d'édition IA dans Photos. D'abord inoffensifs (un ciel plus bleu, des touristes effacés), ils sont devenus une machine à créer des réalités alternatives. Demandez un crash d'hélicoptère, une bombe fumante au coin de la rue – l'IA s'exécute, même si les 'garde-fous' promis sont contournables en trois prompts. Le Pixel 9 a marché dans cette boue. Le Galaxy S26, lui, va y courir.
Photo Assist : le 'sloppify' comme fonctionnalité premium
Samsung présente Photo Assist comme une révolution. C'est surtout l'aveu qu'une photo n'a plus de valeur testimoniale. L'outil ne se contente pas de retoucher ; il réinterprète, invente, remplace. Votre concert aux BACKSTREET BOYS au Sphere ? Ajoutons de la foule, changeons les couleurs, pourquoi pas un feu d'artifice qui n'a jamais existé. Le souvenir devient un brouillon, ouvert aux suggestions d'un algorithme dont la priorité n'est pas la vérité, mais l'esthétique du moment.
Qui a besoin de faits quand on a des pixels parfaits ?
La question n'est pas technique, mais éthique. Samsung, comme Google avant lui, vend un outil de désinformation grand public. Les images altérées par IA sont déjà un fléau – politiques, conflits, preuves judiciaires. Maintenant, chaque possesseur de S26 aura une usine à fake news dans la poche, estampillée par une marque globale. Le communiqué parle d'« empowerment créatif ». Nous, on appelle ça l'armement de l'ignorance.
Le vrai business : vous vendre l'oubli de la réalité
Derrière la hype, le calcul est simple. Ces fonctionnalités « magiques » justifient un prix plus élevé et vous enferment dans un écosystème. Vos souvenirs, une fois « assistés », sont formatés pour les réseaux sociaux, prêts à générer de l'engagement. Votre passé devient un contenu optimisé. Et Samsung, en fournissant la drogue, s'assure que vous reviendrez pour la prochaine dose de puissance de calcul. La mémoire humaine était déjà fragile. Samsung la rend officiellement obsolète.