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Sam Altman veut élever vos mômes avec ChatGPT

Encore une "cool use case" : ChatGPT pour les parents. Altman y voit un marché, nous y voyons la fin d'un monde. Pendant qu'il parle de parentalité, son modèle s'entraîne sur vos angoisses.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
Sam AltmanOpenAIChatGPTparenting

Sam Altman, le gourou d'OpenAI, a encore trouvé un "cool use case" pour ChatGPT. Cette fois, c'est pour les parents. Parce que quoi de plus naturel que de déléguer l'éducation de vos gosses à un chatbot entraîné sur des millions de pages internet pourries, y compris Reddit et les forums de parents désespérés ?

La parentalité réduite à un cas d'usage

Un "use case". Voilà comment Altman voit l'acte d'élever un humain. Une variable d'ajustement dans le grand tableau de bord de l'IA. On ne parle plus de transmettre des valeurs, de passer du temps avec son enfant, de répondre à ses questions avec patience et amour. Non, on parle d'un cas d'usage, comme on optimise un flux de logs ou on débugge une API. Le vocabulaire du management a avalé la parentalité. Merci Sam.

Avoir recours à ChatGPT pour aider les parents, c'est déjà un aveu d'échec. Pas de l'IA, mais de la société. Si les parents sont tellement débordés qu'ils doivent confier les "pourquoi" de leurs gosses à un mécanisme statistique, c'est qu'on a collectivement renoncé à humaniser le travail, les crèches, l'école. Au lieu de ça, on nous vend une solution miracle dans un chat.

Altman parle de parentalité, il pense aux 20 dollars par mois

Sam Altman n'a pas d'enfants. C'est un fait. Mais il a un chiffre en tête : le nombre d'abonnés ChatGPT Plus, premium, 20 dollars par mois. Les parents sont un marché vierge, une niche de pigeons prêts à payer pour un ersatz de conseil éducatif. Et quoi de mieux que de leur faire croire que l'IA peut participer à l'éducation de leurs petits ?

Ne vous y trompez pas. Chaque requête envoyée à ChatGPT est une mine d'or pour OpenAI : ça entraîne les modèles, ça affine les profils, ça construit une base de données sur les angoisses éducatives des classes moyennes technophiles. Pendant que vous lui demandez comment calmer un caprice, OpenAI calcule comment vous vendre la prochaine version.

L'IA, ce baby-sitter qui ne remplacera jamais le regard humain

Le truc le plus pathétique dans cette histoire, c'est l'enthousiasme d'Altman. Il "semble excité" de partager cette "cool use case". On dirait un gars qui vient de découvrir une nouvelle fonctionnalité sur sa machine à café, pas le PDG d'une entreprise qui pourrait façonner nos vies. Mais c'est ça le problème : pour lui, un enfant est un utilisateur précoce, pas une personne. Il ne comprend pas que la relation parent-enfant ne se réduit pas à une interface.

Un chatbot ne s'émerveille pas quand votre gamin prononce un premier mot. Il ne s'inquiète pas d'une fièvre. Il ne pleure pas avec lui. Il génère une réponse plausible, avec une probabilité statistiquement élevée d'être socialement acceptable. Et ça, c'est ce qu'Altman veut nous vendre comme une avancée ? On a bâti des civilisations avec du feu et de l'empathie, pas avec des "prompts".

Et le vrai monde, il est où ?

Pendant que Sam Altman vous vend son ChatGPT pour mieux "accompagner" vos enfants, les maternités ferment, les pédopsychiatres sont saturés, les assistantes maternelles sont payées une misère. Mais non, la solution est dans votre smartphone. Bien sûr. La tech a réponse à tout, sauf quand il s'agit de payer des impôts ou de garantir des services publics.

Alors oui, Sam, on peut utiliser ChatGPT pour expliquer pourquoi le ciel est bleu à un môme de quatre ans. Mais si le père ou la mère est absent, le ciel peut attendre. Ce qu'il faut, c'est des gens. Des vrais. Des humains fatigués, imparfaits, mais présents. Pas une flotte de serveurs en Irlande.

Conclusion : rions, sinon on pleure

En attendant, Sam Altman continuera à débiter ses "cool use cases" avec le sourire d'un vendeur de voitures d'occasion. Et les parents, étranglés par le coût de la vie, finiront par se dire que finalement, le chatbot n'est pas si mal. Après tout, c'est gratuit (au début). Et c'est bien ça, le poison. Vous commencez par "ChatGPT, dis-moi une histoire", et vous finissez par "ChatGPT, dis-moi que tu m'aimes". Ne riez pas. C'est déjà en route.

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