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Sam Altman, le CEO qui joue aux chaises musicales avec l'avenir de l'humanité

Le patron d'OpenAI a été viré, réinstallé, et s'emploie depuis à purger toute opposition. Le New Yorker sort une enquête, mais la vraie question n'est pas de savoir s'il est « le bon » pour le job. C'est de comprendre pourquoi on laisse un homme dont la gouvernance tient du soap opera décider du sort de l'IA générale.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Le coup d'État permanent

Novembre 2023. Le conseil d'administration d'OpenAI, cette structure censée protéger la mission « au bénéfice de l'humanité », balance Sam Altman. Motif officiel : pas « constamment franc ». Motif réel : une course au produit et au profit qui faisait grincer des dents les puristes de la sécurité. C'était un vendredi. Le lundi suivant, après une révolte de 95% des employeurs menaçant de suivre Altman chez Microsoft, le conseil pliait. Les « virés », c'étaient eux. Depuis, Altman n'a eu de cesse de remplacer chaque directeur ayant voté contre lui et de verrouiller la gouvernance. La mission à but non lucratif ? Un souvenir encombrant.

L'enquête qui arrive trop tard

Le New Yorker publie une « plongée profonde ». Bravo. Elle révèle un Altman manipulateur, adepte du storytelling, obsédé par le capital-risque bien avant de l'être par l'alignement de l'IA. On y apprend qu'il mentait au conseil sur ses participations dans des startups. Rien de nouveau sous le soleil de la Silicon Valley. Le problème n'est pas le portrait, c'est qu'il soit peint après que le sujet ait déjà brûlé la toile. Pendant qu'on analyse son caractère, lui a consolidé un pouvoir absolu sur la technologie la plus dangereuse jamais conçue.

La farce de la gouvernance « sûre »

OpenAI a été vendu comme le gardien responsable de l'IA, avec sa structure en capped-profit. En réalité, c'est une machine à lever des fonds (plus de 11 milliards de dollars de Microsoft seul) dirigée par un homme dont la légitimité repose sur sa capacité à livrer des produits, pas des garde-fous. Le conseil « indépendant » post-purge ? Peuplé de fidèles comme Bret Taylor, ex-co-CEO de Salesforce, ou de Larry Summers, chantre de la dérégulation financière. Des profils rassurants pour Wall Street, pas pour l'humanité.

Qui paie la note ?

Pendant ce cirque, les vrais chercheurs en sécurité AI, ceux qui prennent au sérieux les risques existentiels, ont soit été marginalisés, soit ont claqué la porte. Leur crime ? Vouloir ralentir. La culture d'OpenAI est désormais celle de n'importe quelle scale-up : ship fast, break things. Sauf qu'ici, les « choses » qu'on risque de casser pourraient être la civilisation. Mais bon, les démos de ChatGPT-4o qui flirte avec les utilisateurs, c'est tellement plus vendeur.

Conclusion : On a confié les clés du réacteur à un vendeur de tapis

La question n'est plus de savoir si Sam Altman est « le bon » leader. C'est un fait : c'est le leader qu'on a. Un vendeur de rêves devenu trop gros pour qu'on ose le remettre en cause. Le vrai scandale, c'est l'acquiescement général. Les médias qui traitent ça comme un drame corporate, les régulateurs qui regardent ailleurs, les investisseurs qui ne voient que le retour sur investissement. OpenAI est devenu le parfait symbole d'une époque : on externalise les choix éthiques les plus lourds à une poignée de technocrates dont la stabilité émotionnelle a été testée… par un coup d'État interne. Bonne chance à nous tous.

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