Londres, capitale mondiale de l'IA ? Sûrement pas. Les grands patrons des télécoms britanniques viennent de pousser leur éternel cri d'alarme : sans upgrades 5G plus rapides, le Royaume-Uni va rater le coche de l'intelligence artificielle. On dirait le même disque rayé qu'on nous passe depuis 2015, mais avec un filtre « IA » pour faire genre.
Encore un rapport, encore des promesses, encore rien
Les dirigeants de l'industrie, visiblement paniqués, expliquent que les retards de planification et la lenteur du déploiement de la 5G vont rendre le pays incapable de gérer la future vague de trafic générée par l'IA. Ah, vraiment ? Et qui a laissé les opérateurs faire du greenwashing 5G pendant des années en vendant des forfaits plus chers pour des vitesses qu'on ne voit que dans les zones limitées de Londres ?
Le problème, voyez-vous, c'est que l'IA a besoin de datacentres. Et ces datacentres, il faut les construire, les alimenter, et surtout les refroidir. Tout cela nécessite des autorisations, des raccordements électriques, de l'eau. Et là, paf, la réalité britannique : des années d'études d'impact, des conseils municipaux qui débattent, des NIMBYs qui protestent. Pendant ce temps, la Chine construit un datacentre par semaine, et les États-Unis bouffent de l'électricité comme s'il n'y avait pas de lendemain.
Les opérateurs se plaignent, mais qui les écoute ?
BT, Vodafone, O2… Tous les grands noms se relaient pour geindre. Mais personne ne mentionne que leurs réseaux sont vendus à des prix premium pour une qualité médiocre dans les zones rurales. Alors oui, le planning system est lent, mais la vraie question est : pourquoi les opérateurs n'ont-ils pas investi massivement dès 2020, quand le gouvernement leur a donné des milliards de spectre avec des promesses de couverture ? Ah, l'argent a été utilisé pour racheter des actions et verser des dividendes. C'est plus rentable que de construire des pylônes.
Pendant que les dirigeants de BT touchent des bonus mirobolants, les citoyens britanniques râlent contre la 4G qui ne passe pas dans le métro. Et on veut nous faire croire que l'IA va sauver le pays ? L'IA pourra peut-être écrire des rapports plus vite, mais elle ne fera pas sortir de terre des datacentres plus vite que la bureaucratie ne les enterre.
Le vrai danger : la Grande-Bretagne devient un musée numérique
Les executives pointent du doigt la concurrence internationale. Ils ont raison, mais pour de mauvaises raisons. Le problème n'est pas seulement la 5G. C'est un écosystème entier qui manque de vision : éducation, énergie, régulation, incitations fiscales. Le Royaume-Uni vit sur sa réputation de « tech hub » européen sans investir dans les fondations. Résultat : les licornes déménagent à Paris, Dublin ou Berlin. Les datacentres se construisent aux Pays-Bas et en Espagne, où le soleil et la bureaucratie sont plus cléments.
Alors, messieurs les opérateurs, continuez à jouer les victimes. Accusez les planificateurs, la météo, le Brexit, peu importe. Mais tant que vous garderez vos bénéfices dans vos poches au lieu de les enfouir dans la fibre optique et les antennes, le Royaume-Uni sera à la traîne. Et le « AI superpower » que vous promettez restera une blague pour les investisseurs étrangers qui, eux, ne rigolent pas.
En attendant, les consommateurs paieront leurs forfaits, verront leurs données se faire aspirer par des IA basées dans l'Iowa ou en Irlande, et applaudiront aux discours Creux des ministres. Bravo, Votre Majesté, le réseau est en panne.