Robinhood, le broker préféré des traders du dimanche et des pigeons dorés sur tranche, vient de déposer en toute discrétion son deuxième fonds de capital-risque. Confidentiel, bien sûr. Parce que quand on s'apprête à pomper encore plus d'argent sur le dos des startuppeux naïfs, on ne claironne pas sur les toits. On glisse le formulaire SEC sous le tapis et on espère que personne ne lira les petites lignes.
L'IA, la nouvelle bouée de sauvetage
Bien sûr, ce nouveau fonds — officiellement destiné aux startups en phase early-stage et growth — n'existerait pas sans le doux parfum de l'intelligence artificielle. Robinhood, qui a vu son action grimper de 45% ces six derniers mois grâce à la hype IA, a compris une chose : le mot magique pour attirer les investisseurs aujourd'hui, c'est "algorithmes prédictifs" et "apprentissage autonome". Peu importe que leur plateforme plante régulièrement pendant les pics de volatilité. L'essentiel est de faire croire qu'on pilote un vaisseau spatial quand on vend des options sur GameStop.
Mais le premier fonds, lui, il rapporte quoi ?
Ah, le premier fonds. Lancé en grande pompe en 2021, avec une levée de 500 millions de dollars annoncée comme "révolutionnaire". Aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux-mêmes : seulement 0,8x le capital appelé retourné aux investisseurs. Autant dire un placement qui ferait pleurer un livret A. Mais qu'importe : Robinhood encaisse des frais de gestion de 2% par an sur les actifs gérés, plus une participation de 20% sur les plus-values futures. Un modèle qui garantit que les seuls vrais gagnants sont ceux qui signent les chèques de commission.
Qui se goinfre, qui se fait rouler ?
Les bénéficiaires ? Les mêmes qu'avant : Vlad Tenev (le CEO hilare) et sa bande de millionnaires californiens. Les actionnaires historiques, les banques d'affaires qui empochent les frais de structuring. Pendant ce temps, les 10 millions d'utilisateurs actifs de Robinhood continuent de se faire plumer sur des spreads déguisés en "gratuité". Le fonds de VC est une excellente manière de recycler les profits de la pompe à trading dans des deals confidentiels où personne ne vérifie les valorisations. Un cercle vertueux... pour les parasites.
La vérité qui dérange
Ce deuxième fonds n'est pas une stratégie d'innovation. C'est une opération de communication pour redorer l'image d'une entreprise dont le procès avec la SEC n'est pas encore soldé (amende de 30 millions de dollars en 2022 pour avoir induit les clients en erreur). C'est aussi un moyen de justifier une capitalisation boursière encore surévaluée (17 milliards de dollars) en faisant miroiter des rendements de « licorne » à des investisseurs institutionnels trop contents de jouer au casino.
Robinhood ne construit pas l'avenir de la finance. Il vend du rêve en boîte, avec une couche d'IA pour faire joli. Le pire, c'est que ça marche.