Vous pensiez que la musique classique contemporaine était déjà assez snob comme ça ? Attendez de découvrir Robert Laidlow, le compositeur britannique qui mélange équations d'Einstein et intelligence artificielle dans un album aussi prétentieux qu'un manifeste startup. Son dernier bébé, Reality Eaters (NMC), est présenté comme une œuvre « ambitieuse », « accessible » — le genre de mots qui devraient vous mettre la puce à l'oreille. On a écouté pour vous. Et on a mal au crâne, mais pas pour les raisons que vous croyez.
Einstein, Newton, ChatGPT : le nouveau trio gagnant de l'élite musicale
Le pitch est simple : Laidlow prend des concepts scientifiques hyper complexes — les équations de champ d'Einstein, la loi universelle de Newton, l'IA — et les « traduit » en musique orchestrale. Sauf que la traduction, c'est comme celle d'un mauvais traducteur automatique : ça donne un charabia pompeux que seuls les happy few oseront qualifier de « génial ». Le morceau phare, Warp, un concerto pour piano de 12 minutes, prétend proposer une « solution musicale » aux équations de la relativité générale. Sérieusement ? La prochaine étape, c'est un quatuor à cordes qui résout le problème de P vs NP ?
Joseph Havlat : le pianiste qui ne recule devant rien (surtout pas devant le ridicule)
L'article original vante Joseph Havlat comme un « intrepid pianist boldly going where no pianist has gone before ». Traduction : il a accepté de jouer des notes aléatoires en espérant que personne ne remarque que c'est du vent. Les lignes orchestrées sont décrites comme « stridentes », « montant en spirale », poussant les instruments à leurs limites. C'est joli, mais ça ressemble surtout à une course à l'échalote : qui fera le plus de bruit pour cacher l'absence d'idée musicale ? Et la conclusion « sereine » ? Sans doute le moment où le compositeur se rend compte que personne n'écoute vraiment.
La BBC Philharmonic : votre redevance au service de l'auto-satisfaction
Ah, la BBC Philharmonic et son chef Vimbayi Kaziboni — les mêmes qui, avec l'argent de votre licence, enregistrent des disques pour happy few. NMC, le label, est subventionné par Arts Council England — autrement dit, vos impôts financent ce genre d'élucubrations. Combien d'exemplaires vendus ? Peut-être 200, dont la moitié offerts aux critiques musicaux qui feront semblant d'avoir compris. Pendant ce temps, les salles de concert ferment, les orchestres réduisent leurs effectifs, mais on trouve toujours 20 000 £ pour enregistrer un album qui parle d'IA avec un orchestre de 80 musiciens. Bravo.
Accessible ? Vraiment ? Allons faire un test
L'article original clame que l'œuvre est « éminemment accessible ». Testons : demandez à un passant dans la rue ce qu'il pense d'un concerto pour piano censé résoudre Einstein. Il vous rira au nez. C'est ça, l'accessibilité ? C'est du mépris déguisé en haute culture. Laidlow et ses pairs se prennent pour des vulgarisateurs, mais ils ne font que renforcer le fossé entre la musique contemporaine et le public. Résultat : des salles vides, des subventions en chute libre, et une profession qui se demande pourquoi on ne l'aime pas.
Conclusion : Reality Eaters ou l'art de se goinfrer de sa propre fumisterie
Robert Laidlow n'est ni Einstein ni Mozart. Il est juste un compositeur talentueux qui a compris que pour survivre dans le microcosme de la musique savante, il faut vendre du concept. Du bruit. Du jargon. Les vrais Reality Eaters (mangeurs de réalité), ce sont ces institutions qui avalent des millions pour produire des œuvres que personne n'écoutera en dehors d'un cercle de 50 initiés. La prochaine fois que vous verrez un communiqué de presse vous parler de « solution musicale aux équations d'Einstein », ayez une pensée pour votre portefeuille et pour le pauvre pianiste qui doit jouer cette bouillie.