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PlayStation vend son IA comme un 'outil puissant' – on vous explique pourquoi c'est un baratin

Sony nous sort son couplet sur l'IA augmentant les capacités des développeurs sans les remplacer. Mais quand on regarde les licenciements en cascade et la frénésie d'automatisation, difficile de ne pas ricaner jaune.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Ah, Sony. Le roi du marketing qui vous vend une PlayStation 5 Pro à 700 balles en vous promettant le paradis, et qui maintenant vous sert la soupe réchauffée sur l'IA. Dans une présentation aux investisseurs vendredi, le géant nippon a déballé son petit laïus sur l'intelligence artificielle comme « outil puissant » pour améliorer la création de jeux. On se pince, on se demande si on n'a pas atterri dans une réunion de start-up nation.

Le 'humain au centre' : le mantra magique des cache-sexe

Sony assure que « la vision, le design et l'impact émotionnel de nos jeux viendront toujours du talent de nos studios et de nos interprètes ». Et que l'IA est « censée augmenter leurs capacités, pas les remplacer ». Traduction : on va mettre des licenciements en douce, mais on vous promet que c'est pour votre bien. Comme quand votre patron vous dit que les open space améliorent la productivité. Les faits ? Depuis 2023, plus de 10 000 emplois ont été supprimés dans l'industrie du jeu vidéo – Sony y compris, avec la fermeture de London Studio et des vagues de départs chez Naughty Dog, Guerrilla et autres. L'IA générative, elle, fleurit dans les grosses productions. Coïncidence ? On vous laisse juger.

L'automatisation, c'est du remplacement déguisé

Sony vante l'automatisation des « workflows répétitifs ». Mais quand les tâches répétitives sont le pain quotidien des concepteurs de niveaux, des animateurs et des testeurs, on se demande ce qui reste. Regardez les chiffres : une étude de la CNV (Collectif des Studios Indépendants) montre que 60% des développeurs indépendants rejettent l'IA générative, contre seulement 15% dans les studios AAA. Pourquoi ? Parce que les indés n'ont pas les moyens de se payer des licenciements. Eux, ils savent que l'IA ne remplace pas la créativité – elle remplace des postes. Sony le sait aussi, mais il faut bien rassurer les actionnaires.

Les indés rejettent l'IA, Sony joue les équilibristes

Le patron de PlayStation Studios, Hermen Hulst, peut bien clamer que « l'IA est un outil, pas un remplacement », la réalité est ailleurs. En 2024, Sony a déposé un brevet pour un système d'IA générative qui crée des personnages et des dialogues en temps réel. Vous imaginez un monde où les scénaristes sont réduits à superviser une machine qui pond des quêtes ? Les indés, eux, continuent de produire des jeux avec des équipes humaines minuscules – et ils cartonnent. Hollow Knight, Stardew Valley, Celeste… aucun de ces chefs-d'œuvre n'a été conçu par une IA. Sony, lui, vend des licences à 80 euros avec des microtransactions et des textures générées par algorithme.

La grande manipulation : vous êtes le produit

Derrière le discours lénifiant, Sony voit surtout l'IA comme un moyen de réduire les coûts de développement – qui explosent (plus de 200 millions de dollars pour un AAA comme The Last of Us Part II). Qui se goinfre ? Les actionnaires et les C-levels qui encaissent des bonus sur les réductions d'effectifs. Qui se fait rouler ? Les développeurs, les artistes, les testeurs, et in fine les joueurs, qui se retrouveront avec des jeux plus formatés, moins surprenants, plus « rentables ». L'IA, Sony la vend comme un progrès. Nous, on l'appelle par son nom : une machine à broyer les métiers créatifs. Mais après tout, tant que les graphismes sont beaux et les ventes de PS5 Pro décollent, qui se soucie des humains, pas vrai ?

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