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Plastique en panne sèche, SpaceX en orbite boursière

Alors que les cours du pétrole s'emballent, l'industrie du plastique se prépare à un choc dont elle ne parle pas. Pendant ce temps, SpaceX prépare un IPO qui sent bon la privatisation des profits et la socialisation des risques spatiaux. Deux faces d'une même pièce pourrie.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : MIT TECHNOLOGY REVIEW
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Le plastique, ce junkie du baril

On vous serine que la guerre fait flamber le prix de l'essence à la pompe. Très bien. Mais le vrai domino qui va tomber, c'est le plastique, cet enfant gâté et oublié de la pétrochimie. 99% des plastiques sont dérivés de combustibles fossiles. Leur prix de revient est directement indexé sur celui du baril de Brent. La filière, du polyéthylène au PVC, va prendre une claque dont elle ne se relèvera pas aussi facilement qu'après le Covid. Les géants comme Dow, LyondellBasell ou INEOS font mine de regarder ailleurs, mais dans les coulisses, les plans de rationnement de la matière première se peaufinent. La transition vers les « bioplastiques » ? Une blague. Elle représente moins de 1% de la production mondiale. L'économie moderne est une toxicomane, et sa drogue, c'est le pétrole bon marché. La crise actuelle, c'est le sevrage forcé.

SpaceX : l'IPO qui sent le kérosène brûlé

Pendant que la planète étouffe sous le plastique et se ruine en carburant, Elon Musk prépare le coup du siècle. SpaceX, cette entreprise nourrie aux subventions publiques de la NASA et aux contrats du Pentagone, s'apprête à entrer en Bourse. On va vous vendre du rêve, de la conquête, des étoiles. Ne tombez pas dans le panneau. Regardez les chiffres : 100 milliards de dollars de valorisation estimée. Une capitalisation qui repose sur un monopole de fait pour ravitailler l'ISS et un carnet de commandes pour Starlink qui promet monts et merveilles. Mais qui assume les risques de l'explosion d'une Starship ? Le contribuable, via la NASA. Qui paie pour développer les technologies ? Les fonds publics et les early investors. Qui empochera la plus-value colossale lors de l'introduction ? Musk et son cercle. C'est le vieux playbook de la Silicon Valley : socialiser les risques, privatiser les profits. Sauf que cette fois, c'est en orbite basse.

La boucle est bouclée

Voilà donc le tableau. En bas, une industrie vieille d'un siècle, le plastique, prise à la gorge par la géopolitique qu'elle a toujours ignorée. En haut, une nouvelle industrie, l'aérospatiale « New Space », qui utilise la même rhétorique de disruption pour masquer un capitalisme de copinage encore plus brutal. L'une crève des bulles de pétrole, l'autre en crée de nouvelles, financières celles-là. Les deux sont les enfants d'une même logique : extraire, exploiter, promettre l'infini sur une planète finie. La seule vraie innovation ici, c'est l'audace avec laquelle on continue à présenter des problèmes anciens comme des opportunités nouvelles. Le plastique va devenir un luxe. L'espace, un produit d'appel boursier. Bienvenue dans le futur : tout change pour que tout reste aussi inégalitaire.

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