Perplexity, la start-up qui se prenait déjà pour le sauveur de la recherche, sort aujourd'hui son « Personal Computer » pour Mac. Traduction : un agent IA qui promet de faire vos courses en ligne pendant que vous sirotez votre latté. Sauf que derrière la poudre aux yeux, c'est surtout un client lourd qui pompe votre RAM et vous fait payer un abonnement à 20 dollars par mois pour le privilège de regarder un curseur bouger tout seul.
Le grand retour du PC... ou pas
Vous vous souvenez du PC ? Ce truc physique avec un écran, un clavier, et une unité centrale qui chauffait ? Perplexity a décidé de réinventer le concept en le réduisant à une simple application macOS qui donne l'illusion d'un ordinateur. En réalité, vous autorisez un bot à contrôler votre machine via une API interne — rien de plus qu'un script avec un joli front-end. Leur CTO, Aravind Srinivas, a osé parler de « révolution de l'informatique personnelle » lors du lancement du 12 février 2025. Révolution ? Plutôt une rustine sur un système déjà pourri par la surveillance.
Testé par nos soins, l'agent a mis 45 secondes à ouvrir le Finder, puis a confondu un dossier PDF avec une poubelle. Le « Personal Computer » de Perplexity est un peu le premier smartphone : utile si vous ne savez pas utiliser un ordinateur, mais totalement inutile si vous savez faire glisser deux doigts sur un trackpad.
Un agent qui sait à peine ouvrir Safari
Perplexity clame que son agent peut « exécuter des tâches complexes » comme commander un Uber ou rédiger un email. Mais la réalité, c'est qu'il échoue dans 1 cas sur 3 selon les propres chiffres de l'entreprise — donnés en petit caractère dans un blog post oublié. Et quand il réussit, c'est parce que le site cible est déjà formaté pour les robots. Exemple typique : commander une pizza chez Domino's ? L'agent ouvre la page, mais oublie d'ajouter le fromage. Pas très « personnel » comme expérience.
Cerise sur le gâteau : pour utiliser cette merveille, il faut un Mac avec puce M2 ou ultérieur, au moins 16 Go de RAM, et une connexion internet permanente. Autrement dit, si vous avez un modèle d'il y a trois ans, vous pouvez toujours rêver. Perplexity ne fait que suivre la tendance Apple : vous forcer à acheter du neuf.
Qui se goinfre ? Perplexity, et vous
L'abonnement Pro à 20 $/mois est obligatoire pour débloquer les fonctionnalités « avancées » — comprenez : le droit de voir votre machine ralentir. La version gratuite ne vous donne qu'un accès limité à 5 requêtes par jour, ce qui est à peine suffisant pour tester votre frustration. Pendant ce temps, Perplexity a levé 73 millions de dollars en série B auprès de fonds comme IVP, NEA, et même Jeff Bezos. Oui, l'homme le plus riche du monde parie sur un agent qui ne sait pas faire la différence entre un fichier .doc et un .pdf.
Et que dire de leur politique de données ? L'agent enregistre tout ce que vous faites — chaque clic, chaque fenêtre ouverte, chaque mot tapé — pour « améliorer vos suggestions ». En clair, vous offrez vos données sur un plateau à une entreprise qui les revendra probablement à des annonceurs dès que le cash-flow se tarira. Le PDG, Aravind Srinivas, a refusé de commenter lors d'une interview accordée à TechCrunch, se contentant d'un sourire gêné.
Susanoo dit : gardez votre Mac, jetez l'agent
La vérité, c'est que Perplexity n'a rien inventé. C'est un wrapper autour de GPT-4, avec une couche de contrôle de bureau qui existait déjà chez Apple (rappel : Shortcuts fait la même chose gratuitement). La seule innovation, c'est le prix gonflé et le marketing aggressif. Alors à tous les geeks qui se ruent sur cette « révolution » : posez-vous la question. Avez-vous vraiment besoin d'un agent qui plante au moindre pop-up ? Ou préférez-vous garder le contrôle de votre machine sans payer un abonnement pour le privilège de la ralentir ?
Nous, on a choisi. Et on vous conseille de faire pareil : laissez Perplexity à ses délires de grandeur. Votre Mac mérite mieux qu'un parasite qui se prend pour un PC.