Bienvenue dans l'ère de la ‘révolution silencieuse’ – celle où on te remercie en te disant que c'est pour ton bien. Patreon, la plateforme chérie des créateurs qui survivent grâce aux dons de leurs fans, vient de dégager 93 employés, soit 20% de ses troupes. Une hécatombe rapportée par 404 Media, confirmée par la direction.
Mais attention, pas de panique : le CEO Jack Conte a tenu à rassurer tout le monde dans un mémo internal. Selon lui, ces licenciements ne sont pas une “preuve que l'IA remplace les humains”. Non, non. Simplement, l'IA a “fondamentalement transformé l'industrie tech, y compris notre façon de travailler, de construire des produits, de communiquer, etc.” Traduction : on remplace vos postes par des algos, mais on ne le dit pas comme ça.
Un grand écart rhétorique digne d'un champion olympique
Il y a pile un mois sur Decoder, Conte expliquait que Patreon était “100% en train d'embrasser” les outils d'IA en interne pour servir les créateurs. Aujourd'hui, il jure que ce n'est pas la faute de l'IA. Mais si ce n'est pas l'IA, c'est quoi alors ? La conjoncture ? Les créateurs qui ne paient plus assez ? Ou est-ce juste plus simple de couper des salaires que de réfléchir à un modèle économique viable dans un marché saturé ?
Pendant ce temps, les créateurs – ces mêmes qui fournissent le carburant de Patreon – continuent de voir leur commission augmenter et leurs outils se faire aspirer par des algorithmes. Mais rassurez-vous, la plateforme est “100% engagée” à les servir. Comme un cowboy qui te tire dans le dos en te disant “c'était pour te faire gagner du temps”.
93 familles dans le rouge, une startup dans le vert ?
Patreon, qui a levé des centaines de millions de dollars et qui n'a jamais été rentable, trouve plus simple de licencier que de restructurer sa gouvernance. Les 93 virés rejoignent la longue liste des ‘optimisations de masse’ chères à la Silicon Valley. Et pendant que Conte explique doctement que “la façon dont nous opérons et nous organisons a changé”, les actionnaires applaudissent. Pas de risque que l'un des licenciés soit le prochain à dénoncer les dérives de l'IA générative sur la plateforme.
Un conseil, Jack : la prochaine fois que vous licenciez, épargnez-nous le discours lénifiant. On sait lire entre les lignes. Vous avez choisi l'IA. Parce que les humains coûtent cher, fatiguent, et osent demander des comptes. Les algorithmes, eux, ne font pas grève.