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Palantir s'offre la City pour 30 000 livres la semaine

Le régulateur financier britannique, le FCA, paie plus de 30 000 livres sterling par semaine pour un pilote de trois mois avec Palantir. Une opération de blanchiment de réputation pour l'entreprise d'Alex Karp, qui cherche à se refaire une virginité après ses contrats militaires controversés.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : AI NEWS
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Le FCA joue les apprentis sorciers avec l'IA de surveillance

Alors que le Royaume-Uni cherche désespérément à redorer son blason financier post-Brexit, le Financial Conduct Authority (FCA) a trouvé une solution magique : confier la surveillance des marchés à Palantir, l'entreprise américaine dont le nom est synonyme de contrats militaires opaques et de surveillance de masse. Le projet pilote, présenté comme une simple amélioration d'efficacité, sent surtout la tentative désespérée de rattraper un train technologique qui a quitté la gare sans eux.

30 000 livres par semaine pour un logiciel de Miami

Le détail qui tue, et qu'on a glissé discrètement dans le communiqué : ce test de trois mois coûte au contribuable britannique plus de 30 000 livres sterling par semaine. Soit près d'un demi-million de livres pour un simple pilote. À ce prix-là, on pourrait s'attendre à une révolution algorithmique. En réalité, Palantir vend surtout sa capacité à ingérer des masses de données — une compétence que le FCA pourrait développer en interne s'il n'était pas aussi obsédé par les solutions miracles venues de l'autre côté de l'Atlantique.

Palantir cherche à blanchir son image (et y parvient)

L'opération est géniale pour Alex Karp, le CEO de Palantir. Après s'être fait une réputation sulfureuse avec des contrats pour le Pentagone, la CIA et diverses agences de renseignement, voilà que la respectable City de Londres lui ouvre ses portes. Le message est clair : si le régulateur financier britannique leur fait confiance, pourquoi pas votre banque ? C'est du lobbying pur et dur, déguisé en innovation technologique.

La surveillance financière, nouveau Far West algorithmique

Le FCA explique vouloir détecter les activités illicites. Noble intention. Mais confier cette mission à une plateforme dont les algorithmes sont des boîtes noires, développés par une entreprise notoirement secrète, c'est comme demander à un renard de surveiller le poulailler. Où sont les garde-fous éthiques ? Qui audite les biais des modèles ? Le régulateur, censé protéger les marchés, semble avoir oublié de se réguler lui-même.

Le mirage de l'efficacité à tout prix

Derrière le vernis technologique, c'est une vieille recette qui ressort : externaliser les problèmes complexes à des vendeurs de rêves américains. Le FCA, comme tant d'autres avant lui, croit qu'un logiciel magique va résoudre des décennies de complexité réglementaire. Spoiler alert : ça ne marchera pas. Mais ça aura permis à Palantir d'ajouter une ligne prestigieuse à son catalogue, et à quelques hauts fonctionnaires de cocher la case 'innovation' sur leur rapport annuel.

Pendant ce temps, à Miami, Alex Karp doit sourire en regardant son compte en banque. La City vient de lui offrir un passeport pour la respectabilité, et elle paie pour ça. Le génie du marketing, c'est de faire croire au client qu'il a besoin de votre produit. Le génie de Palantir, c'est de faire croire aux régulateurs qu'ils ne peuvent pas se passer de leur surveillance.

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