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Palantir, le parasite data qui colonise l'État britannique

Le FCA vient d'offrir ses données les plus sensibles à Palantir, malgré les cris d'orfraie des ONG. Le géant américain a désormais ses tentacules dans la NHS, la police et l'armée. Un contrat de plus pour une entreprise qui a fait du 'land and expand' sa doctrine d'infiltration.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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Le FCA se couche, Palantir se goinfre

Alors que les groupes de défense des libertés hurlent à la trahison, l'Autorité de conduite financière britannique a gentiment ouvert ses coffres-forts numériques. Le dernier contrat signé avec Palantir donne à l'entreprise américaine un accès direct aux données les plus sensibles du secteur financier, soit 9% de l'économie britannique. Une formalité. Après la santé, la police et l'armée, la finance. La checklist de l'infiltration étatique est presque complète.

La stratégie du parasite : s'incruster et grossir

Ils appellent ça 'land and expand' dans le jargon start-up. Nous, on appelle ça une colonisation. Plus de 500 millions de livres sterling de contrats publics britanniques depuis 2023. La NHS en 2023, la police en 2024, le ministère de la Défense en 2025. Palantir ne vend pas un logiciel, il installe un système nerveux dans l'appareil d'État. Chaque nouveau contrat est une racine qui s'enfonce un peu plus profond, rendant l'arrachement un peu plus douloureux, un peu plus improbable.

Les ONG ragent, les contrats pleuvent

Les campagnes de groupes comme Foxglove ou Privacy International font un bruit d'épée dans l'eau. Des rapports alarmants, des lettres ouvertes, des warnings solennels. Pendant ce temps, dans les couloirs feutrés de Whitehall, les signatures s'accumulent. L'argument massue ? L'efficacité. Palantir promet de traquer la fraude, d'optimiser les services, de prédire les crises. Qui oserait refuser au nom de principes abstraits comme la vie privée ou la souveraineté numérique ? Surtout quand le chèque est déjà signé.

Miami calling, London answering

Le siège est à Miami, le butin à Londres. Palantir, fondé par Peter Thiel, le libertarien paranoïaque qui rêve de cités flottantes hors de tout contrôle étatique, devient paradoxalement le principal architecte de la surveillance d'État britannique. L'ironie est si épaisse qu'on pourrait la couper au couteau. L'entreprise qui fournissait la NSA pour traquer des terroristes vend désormais ses algorithmes pour gérer les listes d'attente des hôpitaux. La boucle est bouclée.

Et après ? Le monopole de la prédiction

Le vrai danger n'est pas dans un contrat, mais dans l'écosystème. Une fois que Palantir analyse les données de santé, policières, militaires et financières, il possède le puzzle complet. Il peut 'prédire' les crises sanitaires, les mouvements sociaux, les risques financiers. Il devient indispensable. Et quand un fournisseur privé étranger devient indispensable à la souveraineté nationale, on n'a plus un partenaire. On a un maître.

Le FCA justifie ce contrat par la nécessité de surveiller les marchés. Qui surveillera les surveillants ? Palantir, probablement. C'est pratique.

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