New York se réveille, Londres s'enfonce
Le système hospitalier public de New York vient de faire ce que peu d'institutions osent : dire non à Palantir. Le contrat avec la firme de Peter Thiel, spécialiste de la surveillance de masse et du data mining, ne sera pas renouvelé en octobre. Le Dr Mitchell Katz, président du plus grand réseau de santé municipal américain, a confirmé la nouvelle devant le conseil municipal. Motif officiel ? On l'attend. Motif réel ? Une pression militante devenue trop forte et une réputation qui pue plus que les poubelles de Times Square.
Le jeu de passe-passe transatlantique
Pendant que New York se débarrasse de son encombrant partenaire, le Royaume-Uni, dans un élan de Brexit-induced stupidity, fait exactement l'inverse. Palantir creuse son sillon dans le NHS et les contrats gouvernementaux britanniques. La stratégie est limpide : quand les portes se ferment aux États-Unis sous la pression des citoyens, on les ouvre en Europe où les régulateurs sont encore en train de siroter leur thé en discutant d'éthique. Les données de santé de millions de Britanniques sont désormais la nouvelle mine d'or à exploiter, avec la bénédiction d'un gouvernement en quête de miracles technologiques post-pandémie.
L'activisme paie (à une adresse sur deux)
La décision new-yorkaise n'est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d'une pression constante des collectifs pour les droits numériques et des soignants, qui n'ont pas avalé la soupe du « data-driven healthcare » servie par une entreprise dont le fonds de commerce est l'espionnage. Cela prouve une chose : gueuler marche. Mais cela révèle aussi l'effrayante schizophrénie des États. D'un côté de l'Atlantique, on écoute (un peu) la société civile. De l'autre, on signe des chèques en blanc à une firme dont les logiciels ont été utilisés pour traquer des migrants et optimiser des frappes militaires. Cohérence, zéro.
Le mirage de l'efficacité à tout prix
L'argument massue de Palantir et de ses thuriféraires ? L'efficacité. Le data mining va « rationaliser » les hôpitaux, « prédire » les pandémies, « sauver » de l'argent. Ce qu'on ne vous dit pas, c'est le prix. Le prix en termes de vie privée balayée, de profilage des populations les plus vulnérables, et de mise sous clé algorithmique de décisions qui devraient relever d'humains, pas de lignes de code écrites dans l'écosystème toxique de la Silicon Valley. New York a peut-être évité la balle. Le NHS, lui, se l'est tirée dans le pied en croyant acheter un pansement high-tech.
Conclusion : La fuite en avant
Le retrait de New York est une victoire à la Pyrrhus. Elle montre qu'il est possible de résister à l'envahisseur dataiste, mais aussi que ce dernier n'a pas besoin de gagner toutes les batailles. Il lui suffit de trouver des gouvernements assez naïfs ou assez désespérés pour lui ouvrir leurs coffres-forts de données. Palantir n'a pas perdu un client ; il en a migré un. Le vrai perdant, c'est le citoyen, dont la santé devient un terrain d'expérimentation pour des firmes qui n'ont, historiquement, aucun scrupule. Londres, bon courage pour la suite. Vous allez en avoir besoin.