Encore une app Mac qui promet de marier l'eau et le feu : local et cloud dans un même logiciel. Osaurus, c’est le nouveau bébé des startupeurs qui ont découvert que le mot « hybride » fait vendre. Et le pire, c’est que vous allez peut-être mordre à l’hameçon.
La promesse : le beurre et l’argent du beurre
Osaurus vous dit : « gardez vos fichiers chez vous, utilisez l’IA locale pour la confidentialité, et déportez les gros calculs dans le cloud ». Beau discours. Sauf que, les amis, rien n’est jamais gratuit. Qui héberge ce cloud ? Pas de nom, pas de transparence. Est-ce AWS, Azure, ou un petit serveur dans le garage du fondateur ? Et surtout, combien de données partent vraiment vers les serveurs ? L’app prétend que « mémoire, fichiers et outils restent sur votre hardware ». Mais quand vous utilisez un modèle cloud – parce que oui, le local c’est bien pour les dalles de 7B paramètres, mais dès que vous voulez du sérieux, vous basculez – vos prompts et vos fichiers y passent. Promettre la souveraineté numérique avec une connexion au cloud, c’est comme vendre une voiture électrique avec un générateur diesel dans le coffre.
Votre hardware, leur business ?
Le communiqué de presse (parce que c’est ce qu’on nous sert) vante les « performances locales ». Mais pour faire tourner un vrai modèle comme Llama 3.1 70B, il vous faudrait un Mac Pro à 50 000 balles. Donc vous utiliserez le cloud. Et là, surprise : les données transitent. Qui dit cloud dit serveurs, et qui dit serveurs dit logs, métadonnées, et potentiellement revente. Aucune mention d’un audit de sécurité, d’un chiffrement de bout en bout ou d’une certification. Rien. Juste une jolie UI et des promesses en l’air. Les développeurs d’Osaurus ne précisent même pas si le code est open source – donc impossible de vérifier ce qui part vraiment. Merci, next.
Le grand frère Apple vous veut du bien (et vos données)
Et il y a un éléphant dans la pièce : macOS. Vous pensez que votre Mac est un sanctuaire ? Détrompez-vous. Apple impose ses propres règles avec le sandboxing et les entitlements. Une app peut accéder à vos fichiers, mais Apple peut aussi les lire via iCloud ou les logs système. En 2024, on a découvert que certaines apps d’IA sur Mac envoyaient des données à Apple sans consentement explicite. Osaurus, c’est une porte dérobée en plus. Et le comble ? L’app se vante de rester sur votre machine, mais pour fonctionner, elle a besoin de votre connexion Internet – donc Apple peut voir chaque requête. Vous paierez peut-être un abonnement pour le cloud, mais le vrai prix, c’est votre vie privée.
À qui profite le crime ?
Suivez l’argent. Osaurus est probablement financée par du venture capital qui attend un retour sur investissement. Les modèles cloud ne sont pas gratuits, les serveurs non plus. Donc soit l’app est payante (et chère), soit elle monétise vos données. Les startups d’IA qui promettent le local finissent toujours par vendre les données agrégées ou par être rachetées par un GAFAM. Ne soyez pas naïfs. Osaurus, c’est le cheval de Troie du moment : une jolie interface pour vous faire accepter que votre Mac devienne un terminal cloud déguisé.
Bilan : Si vous voulez une vraie IA locale, installez Ollama en ligne de commande, c’est gratuit, open source, et vous gardez le contrôle. Osaurus, c’est du marketing pour pigeons qui croient encore aux licornes. Et avec le sourire en plus.