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Oracle sacrifie ses employés sur l'autel de l'IA

Larry Ellison, le milliardaire proche de Trump, balance des milliers de salariés à la rue pour financer sa nouvelle lubie IA. La promesse aux investisseurs ? Transformer Oracle en géant de l'infrastructure. La réalité ? Une purge classique sous couvert de révolution technologique.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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La purge Ellison : quand l'IA sert d'alibi aux coupes budgétaires

Oracle, le mastodonte texan valorisé à 420 milliards de dollars, a entamé mardi une purge massive de son personnel. Des milliers de ses 162 000 employés vont recevoir leur lettre de licenciement. La raison officielle ? Libérer des ressources pour investir massivement dans l'infrastructure d'intelligence artificielle. La raison réelle ? Une opération de chirurgie financière classique, habillée du costume tape-à-l'œil de la hype IA.

Larry Ellison, le parieur compulsif qui joue avec les vies

Le message aux actionnaires est limpide : « On sacrifie la chair à canon pour financer le pari du siècle ». Larry Ellison, le président milliardaire et allié notoire de Donald Trump, cherche désespérément à convaincre Wall Street que sa société sénile peut devenir un acteur majeur de l'infrastructure cloud pour l'IA. Un virage à 180 degrés pour une entreprise qui a raté le cloud public et qui tente aujourd'hui de rattraper Amazon, Microsoft et Google à coups de milliards… et de licenciements.

L'arnaque sémantique : « Réallocation stratégique » pour « compression de coûts »

Ne vous y trompez pas. Derrière le jargon corporate de « réallocation des ressources vers les priorités de croissance IA » se cache une vieille recette : réduire la masse salariale pour doper les marges à court terme. Oracle, englué dans des résultats de croissance anémique dans ses activités historiques, utilise l'IA comme écran de fumée pour une restructuration qui aurait de toute façon eu lieu. La différence ? Maintenant, ils peuvent le vendre comme une vision futuriste plutôt qu'un aveu d'échec.

Qui paie la note ? Les employés. Qui empoche ? Les actionnaires.

Pendant que des milliers de familles se retrouvent sur le carreau, Larry Ellison, dont la fortune personnelle est estimée à plus de 140 milliards de dollars, promet aux investisseurs que ce sang versé sera fertile. L'argent « économisé » sur les salaires doit financer des data centers pour entraîner des modèles d'IA. Un transfert de richesse pur et simple : des salaires de la classe moyenne vers les capitaux des fonds d'investissement et les poches déjà pleines des dirigeants.

Le mirage de l'infrastructure IA : dernier recours d'un géant en perte de vitesse

Oracle est en retard partout : cloud, logiciels en SaaS, plateformes développeurs. L'infrastructure IA est son dernier ticket pour la table des grands. Mais construire des data centers capables de rivaliser avec AWS, Azure ou Google Cloud coûte des dizaines de milliards. Plutôt que de puiser dans ses énormes réserves de cash ou dans la fortune de son fondateur, Oracle choisit la voie la plus cynique : faire payer ses employés. Une stratégie à haut risque, car même avec cet argent, rien ne garantit qu'Oracle puisse rattraper son retard colossal.

La conclusion est amère. L'IA, présentée comme une force de progrès, sert ici de prétexte à une opération financière brutale. Oracle ne « réinvente » rien. Il applique la vieille loi du capitalisme sauvage : quand tu as échoué à innover, licencie et communique. Larry Ellison joue aux dés avec l'avenir de son entreprise, et ce sont ses salariés qui fournissent les jetons.

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