La fuite en avant tarifaire
La startup qui a promis l'IA pour tous vient de lancer une nouvelle formule : l'IA pour ceux qui ont un compte en banque bien garni. Pour la modique somme de 100 dollars par mois, soit 1200 dollars par an, vous pouvez maintenant accéder à ChatGPT Pro. La seule vraie nouveauté ? « 5x plus » d'usage de Codex, l'outil de génération de code. C'est tout. Pour cinq fois le prix de l'abonnement Plus (20$), vous obtenez cinq fois plus de quota. Une arithmétique d'une complexité sidérante.
La panique face à Claude
Derrière cette annonce, une odeur de sueur froide. OpenAI, le géant autoproclamé, est en train de se faire grignoter des parts de marché par Anthropic et son outil Claude Code, particulièrement apprécié des développeurs. La réponse ? Copier-coller la stratégie tarifaire de l'adversaire. Le nouveau « Pro » à 100$ s'aligne pile-poil sur le tier « Max » de Claude, à prix identique. Une course aux armements où l'arme principale est le portefeuille de l'utilisateur.
L'échelle glissante des promesses
Rappelez-vous : il y a un an, ChatGPT était « gratuit ». Puis est venu Plus à 20$. Puis un premier Pro à 200$. Et maintenant ce Pro à 100$. OpenAI construit méticuleusement une échelle de prix conçue pour maximiser l'extraction de valeur à chaque segment d'utilisateur. Le message est clair : l'accès aux modèles les plus performants ne sera pas démocratique, il sera stratifié. La « révolution » a désormais un plan de facturation.
Qui va vraiment payer ?
OpenAI vise clairement les professionnels et les entreprises pour qui 100$ par mois est une dépense opérationnelle négligeable. Le particulier, l'étudiant, le curieux ? Qu'ils se contentent du modèle limité ou qu'ils passent à la caisse. La compagnie joue sur un tableau simple : la dépendance. Une fois que vos workflows sont intégrés à leur écosystème, l'augmentation de prix devient une taxe inévitable. C'est moins de l'innovation que de la capture de clientèle.
Et l'éthique dans tout ça ?
Il est amusant de constater que la même entreprise qui sonne l'alarme sur les « risques existentiels » de l'IA passe son temps à monétiser toujours plus agressivement les outils qui, selon elle, pourraient mener à ce risque. Priorités : d'abord les revenus, ensuite la sécurité. Le nouveau slogan pourrait être : « Payez pour financer votre propre obsolescence potentielle. »