OpenAI vient d'ouvrir ChatGPT Health à tous les utilisateurs américains. Une révolution ? Non, une prise de pouls bien plus lucrative. L'IA qui ne savait même pas résoudre une équation du second degré sans halluciner s'attaque désormais à vos battements de cœur, votre sommeil et vos excès de sucre.
Votre corps, nouveau terrain de jeu de Sam Altman
La promesse : un assistant santé omniscient qui intègre Apple Health, Function et MyFitnessPal. Concrètement, vous offrez sur un plateau vos constantes biologiques, votre historique de course et vos repas avortés à un modèle qui, rappelons-le, invente encore des références sur les vaccins. Mais c'est pour votre bien, clament-ils. Oui, comme c'était pour votre bien que Facebook analysait vos likes.
Car le vrai patient ici, c'est votre vie privée. OpenAI veut votre pouls, votre glycémie, votre nombre de pas. Pour quoi faire ? Entraîner ses algorithmes, bien sûr. Chaque donnée de santé collectée devient une pépite dans la mine d'or de l'IA. Et vous, le mineur bénévole, vous signez sans lire les CGU longues comme un épisode de Grey's Anatomy.
Un diagnostic digne d'un horoscope
ChatGPT Health fait le malin avec vos données pour vous sortir des conseils génériques : « Buvez plus d'eau », « Faites 10 000 pas ». Waouh, révolution. Vous avez besoin d'un LLM coûtant des milliards pour ça ? Non, vous avez besoin d'une montre connectée ou d'un pote un peu chiant. Mais OpenAI vous vend du rêve enveloppé dans un manque de transparence absolu.
Les intégrations tierces (Apple Health, Function, MyFitnessPal) ne sont que des tuyaux qui fuient. Qui voit quoi ? Combien de temps vos données sont stockées ? Quel modèle entraîné ? Mystère. En bon orfèvre du flou, OpenAI reste vague, se contentant d'un paragraphe de conformité HIPAA mal rasé. Tout est beau, tout est réglo, disent-ils. À d'autres.
Et le pire ? C'est gratuit. Oui, rien. Parce que le produit, c'est vous. OpenAI n'est pas une philanthrope en blouse blanche, c'est un broyeur de données en costume-cravate. Il soigne, mais il encaisse.
Le vrai bulletin de santé
Pendant que vous confiez votre tension artérielle à une machine qui vous a déjà vendu des recettes de pizza à la confiture, les vrais problèmes de la e-santé restent : l'accès inégal, le manque d'interopérabilité, l'éthique des algorithmes. Mais non, OpenAI nous propose un chatbot docteur alimenté par vos tripes. Bravo.
Alors oui, utilisez ChatGPT Health si ça vous chante. Mais souvenez-vous : dans le monde merveilleux de la Silicon Valley, votre santé n'est qu'un autre produit à extraire. Et personne, pas même une IA, ne viendra vous tenir la main quand vous vous ferez bouffer par les CGU.