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OpenAI, ses jets privés et sa 'première brand trip' : la charité ne paie plus, la hype oui

OpenAI a offert son premier « brand trip » à des influenceurs. Résultat : un backfire spectaculaire, une leçon de cynisme et la confirmation que la hype ne justifie plus l'éthique. Entre champagne et data centers affamés, la com' prend l'eau.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Chaud devant. Le weekend dernier, les snobs du networking ont sorti leurs plus belles toges pré-validées par l'éthique pour célébrer le summum de l'hypocrisie technologique : la toute première « brand trip » d'OpenAI. Oui, vous avez bien lu. La boîte qui se présente comme le phare de l'IA responsable, celle qui invoque la sécurité des humains à chaque communiqué, vient de s'offrir une virée d'influenceurs. La cerise sur le gâteau ? Le décorum était probablement à l'image des promesses de Sam Altman : somptueux, vide et produit par des équipes de relations publiques calibrées pour ne froisser personne.

Le néo-luxe pour masquer l'effondrement

Les marques de fast fashion ou de cosmétiques font ça depuis des années : inviter des créateurs de contenu à un voyage tout frais payé, contre des posts sponsorisés aux couleurs saturées. Mais OpenAI, elle, n'est pas une marque de yaourts. C'est une entreprise censée sauver le monde, rappelez-vous. Pas pour s'afficher en bord de piscine avec des goodies minimalistes et des anecdotes sur le futur de l'humanité.

La « première brand trip » a donc eu lieu, selon des posts épars, hors des sentiers battus — enfin, hors de San Francisco, mais dans le genre d'endroit où le champagne est servi dans des coupes en verre soufflé. On ne sait pas précisément où, mais on devine : trop chic pour être éthique, trop confidentiel pour être transparent.

Le backfire, cette loi du marketing

Et là, surprise : ça a pété. Les influenceurs invités se sont empressés de publier des selfies de leur pied sur un transat ou des assiettes de saumon fumé au brunch. Les influenceurs non invités, eux, ont sorti les calculettes et les fake outrage. Le public a regardé, a haussé les sourcils. Car comment célébrer l'IA générative qui pompe les océans d'eau pour refroidir ses data centers, pendant qu'une partie des artistes et des journalistes voit ses revenus s'évaporer ?

OpenAI voulait incarner la coolitude, elle incarne surtout le décalage. Cette opération de séduction révèle une vérité qui pue : l'entreprise n'a plus rien à prouver technologiquement, mais elle doit acheter de la légitimité sociale par le biais d'influenceurs aux abonnés flottants. C'est pathétique et presque touchant, si ce n'était pas si cynique.

Les dindons de la farce, c'est nous

Pendant que les happy few posent avec des tote bags à l'effigie du logo (non rémunérés, mais quelle visibilité !), le reste de l'humanité nettoie les dégâts. Les rédacteurs sont remplacés par du texte génératif, les illustrateurs voient leurs œuvres aspirées dans des bases de données. Mais ne vous inquiétez pas : l'équipe de com' d'OpenAI a pensé à tout. Ils ont même demandé à leurs invités de ne pas évoquer les procès en cours ni le procès intenté par des écrivains. Très classe.

Ce qui fâche, ce n'est pas l'existence d'une fête. C'est le manque de conscience d'une industrie qui se pense au-dessus de la mêlée. Sam Altman, si vous lisez : l'influence est un médicament, pas un trophée. La prochaine fois, plutôt que d'acheter des avions privés pour des gens qui vous suivront dans le créneau du show-business, investissez dans des correcteurs et des data centers à énergie verte. Mais non, c'est moins Instagrammable.

Et vous, chers influenceurs, vous avez signé le chèque en blanc. Vous avez donné votre crédibilité pour un séjour que vos followers ne verront jamais en entier. Le vrai backfire, ce n'est pas que les gens vous critiquent. C'est que vos propres abonnés comprennent enfin que vous êtes des canards, entonnant la complainte d'un techno-capitalisme déjà en train de vous digérer.

Bienvenue dans la société du spectacle post-IA. Le spectacle est terminé, l'émetteur a éteint les réseaux, et il ne reste que la facture.

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