S
Susanoo
NEWS // IA & TECH
LIVE
MODÈLES IAIL Y A 1SEM3 MIN DE LECTURE

OpenAI relance la machine à bullshit avec son 'chercheur IA'

OpenAI, à court de produits révolutionnaires à vendre, ressort le vieux fantasme de l'agent autonome. Leur nouveau Saint-Graal ? Un 'chercheur IA' qui résoudrait seul des problèmes complexes. Traduction : ils cherchent désespérément une nouvelle raison d'exister après que ChatGPT soit devenu un banal outil de triche scolaire et de génération d'emails.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : MIT TECHNOLOGY REVIEW
OpenAIAI ResearcherAgent-based SystemAutomated ResearchGrand Challenge

Le coup du lapin sorti du chapeau (encore)

Quand la hype retombe, il faut bien relancer la machine. OpenAI, dont le dernier "saut capacitaire" ressemblait surtout à un rétablissement après des mois de régression, annonce donc sa nouvelle grande direction : construire un "chercheur IA" entièrement automatisé. Le communiqué, aussi vague que pompeux, parle d'agents capables de "s'attaquer seuls à de larges problèmes complexes". On croirait entendre les promesses de 2016 sur les AGI à l'horizon 2023. Le calendrier a glissé, mais le discours marketing, lui, reste huilé.

Suivez l'argent, pas le storytelling

La chronologie est éloquente. ChatGPT Plus peine à convertir les essais gratuits. L'API est sous le feu des concurrents open-source. Les entreprises se plaignent des hallucinations en production. Que faire ? Annoncer un projet si lointain et ambitieux qu'il justifie à nouveau les valuations astronomiques et détourne l'attention des problèmes actuels. Ce n'est pas de la recherche, c'est de la communication de crise pour investisseurs. Le "chercheur IA" est le nouveau mirage pour faire patienter les capitaux qui exigent une croissance exponentielle.

La recette magique : prendre deux buzzwords, mélanger et fuir

"Agent-based system". "Fully automated". "Large, complex problems". OpenAI empile les termes vendeurs sans jamais définir ce que ça signifie concrètement. Quel problème précis ce chercheur résoudra-t-il ? Avec quelles données ? À quel coût computationnel (et donc environnemental) ? Silence radio. On est dans le registre de la promesse théologique, pas de la feuille de route technique. Une stratégie éprouvée : quand vous ne pouvez pas démontrer, éblouissez.

Le fantôme dans la machine : l'absence totale de nouveauté

La communauté scientifique rigole doucement. Le concept d'"agent de recherche autonome" est étudié depuis des années sous le nom d'"AutoML", "automated machine learning" ou "meta-learning". Des labos académiques et des concurrents comme Google Brain y travaillent sans tambour ni trompette. La "révolution" d'OpenAI consiste donc à rebaptiser un champ de recherche existant et à y coller son logo. L'innovation réelle ? Aucune. L'audace marketing ? Maximale.

À qui profite le crime ?

À Sam Altman, d'abord, qui peut retourner chez ses investisseurs avec un nouveau récit "transformateur" après l'échec relatif de ChatGPT Enterprise. À l'équipe de recherche, ensuite, qui obtient une nouvelle justification pour brûler des millions de dollars en GPU sur des expériences aux résultats incertains. Et aux médias tech, enfin, toujours avides d'un nouveau messie à célébrer. Les perdants ? Les mêmes : les utilisateurs qui attendent des produits fiables, et la science qui mérite mieux que du spectacle.

OpenAI ne construit pas l'avenir. Il recycle son passé. Le "chercheur IA" n'est que le dernier épisode d'une série où l'ambition supplante systématiquement l'exécution. On vous tiendra au courant quand ils auront autre chose à montrer qu'un communiqué de presse. Ne retenez pas votre souffle.

← RETOUR À L'ACCUEIL