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OpenAI : la roue tourne, les cadres tombent

OpenAI, la startup évaluée à 80 milliards qui promet de façonner l'avenir de l'humanité, ne parvient même pas à garder ses cadres en poste. Deux départs pour 'raisons de santé' en haut de la pyramide révèlent un navire à la dérive, où les titres ronflants cachent une gestion chaotique.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Le syndrome du vaisseau fantôme

Alors que Sam Altman continue de jouer au capitaine Kirk dans les conférences, son vaisseau amiral, OpenAI, semble naviguer en pilote automatique. Dernier symptôme en date : Fidji Simo, promue il y a quelques mois seulement au poste de CEO du déploiement de l'AGI, annonce qu'elle prend une « pause médicale de plusieurs semaines ». La raison ? Une condition neuro-immune. Coïncidence poignante pour une entreprise dont le système immunitaire corporate semble lui aussi sérieusement défaillant.

La valse des étiquettes et des fauteuils vides

Simo, ex-patronne des applications, avait à peine eu le temps de se faire un nouveau titre sur mesure – « CEO of AGI Deployment » – qu’elle doit déjà quitter le pont. Pendant son absence, c’est Greg Brockman, le président, qui reprend les rênes du produit, y compris le fameux « super app » dont tout le monde parle mais que personne n’a vu. De l’autre côté, le business est confié à un triumvirat de cadres : Jason Kwon (CSO), Sarah Friar (CFO) et Denise Dresser (CRO). Une gouvernance par comité, le signe ultime qu’aucune vision claire n’émerge du chaos.

La santé, nouvel exode de la Silicon Valley

Mais Simo n’est pas seule à battre en retraite pour raisons de santé. Kate Rouch, la Chief Marketing Officer, claque également la porte, officiellement pour « se concentrer sur sa santé ». Deux départs haut placés, deux motifs médicaux. Simple malchance ou symptôme d’un environnement de travail devenu toxique, à l’image des modèles que l’entreprise tente de contrôler ? Dans la Valley, le burnout a toujours été un code élégant pour dire « je me tire ». Mais quand c’est la C-suite qui tousse, c’est que la fièvre monte.

L'AGI peut attendre, la com’ ne peut pas

Le timing est délicat. OpenAI est en pleine course pour lancer son « super app », un hub censé regrouper tous ses outils, et tente de convaincre le monde qu’elle est la mieux placée pour « déployer » une intelligence générale artificielle en toute sécurité. Sauf que pour déployer quoi que ce soit, il faut une équipe stable. Or, depuis le coup d’État manqué contre Altman l’an dernier, les remous n’ont jamais cessé. Les départs, les promotions éclairs, les réorganisations permanentes : tout cela sent le management par panique, pas par stratégie.

Qui pilote le vaisseau ?

La question qui brûle les lèvres : si les cadres censés incarner l’avenir de l’entreprise – le déploiement de l’AGI, son marketing – tombent comme des mouches, que reste-t-il ? Un noyau dur d’anciens (Altman, Brockman) et une armée de chercheurs brillants mais probablement épuisés. OpenAI vend un rêve : un avenir façonné par une intelligence bienveillante. Mais en coulisses, l’intelligence qui semble faire le plus défaut est celle, toute terre à terre, de la gestion d’une entreprise à 80 milliards de dollars de valorisation. Leur plus grand défi n’est peut-être pas technique, mais humain. Et pour l’instant, ils le ratent.

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