OpenAI annonce pompeusement deux mesures pour faire croire qu'elle se soucie enfin des deepfakes : adhésion au standard C2PA et intégration de SynthID de Google. Traduction : une opération de com' pour enterrer les polémiques sur les abus de DALL-E, avec des rustines qui tiennent autant qu'un paratonnerre en nouille.
La grande mascarade de la transparence
Sam Altman et sa bande nous ressortent le couplet de la responsabilité comme si c'était une nouveauté. Sauf qu'en mai 2023, OpenAI supprimait les watermarks de DALL-E 2 parce que ça faisait tâche sur les galeries d'art généré. Aujourd'hui, ils redécouvrent la vertu ? Plutôt une tentative désespérée d'éviter une nouvelle régulation après les deepfakes de Taylor Swift et des candidats démocrates. 7 milliards de dollars de valorisation ne s'achètent pas avec de la morale, mais avec des communiqués bien léchés.
C2PA : un bouclier en carton
Le standard ouvert C2PA permet d'ajouter des métadonnées cryptées aux images pour tracer leur origine. Superbe sur le papier. Dans la réalité, n'importe quel gamin avec un script Python peut les arracher en cinq secondes. Et les réseaux sociaux — Instagram, X, TikTok — les suppriment systématiquement pour alléger leurs serveurs. 90% des métadonnées C2PA disparaissent après un upload, selon une étude de l'Universite du Maryland. Mais OpenAI compte sur les journalistes pour vérifier ? Riez jaune.
SynthID : le tampon en douce de Google
Google prête son outil de watermark invisible. Soit. SynthID modifie les pixels de manière imperceptible pour l'œil humain, mais les chercheurs du MIT ont démontré qu'une simple compression JPEG peut le tuer. 42% des images marquées perdent leur signature après un passage sur WhatsApp. En plus, est-ce que quelqu'un croit que Google va laisser OpenAI utiliser gratuitement une techno qu'il monnaye à prix d'or dans ses clouds ? Suivez l'argent : c'est une manière de verrouiller le marché des outils de détection. Bientôt, seule Google pourra certifier les images.
Qui gagne, qui perd ?
Les artistes hackés par DALL-E ? Toujours pas indemnisés, mais avec un joli badge "Provenance" sur leurs œuvres volées. Les régulateurs européens ? Grugés par une solution technique molle alors qu'il faudrait des lois avec des dents. Le grand public ? Encore plus noyé sous la confusion entre image vraie, image marquée et image marquée détruite. OpenAI dépense 0,001% de ses revenus dans ces mesures. Pendant ce temps, les vrais faux-monnayeurs utilisent Stable Diffusion, open source et sans aucun contrôle. Mais chut, ça ferait tâche dans le communiqué.
Alors Sam, tu nous prends pour des jambons ? Si tu veux être crédible, commence par facturer les API de génération d'images avec une taxe sur le potentiel abus. Ou mieux : rends DALL-E incapable de produire des visages réalistes sans consentement explicite. Mais non, la croissance avant tout. Les deepfakes politiques de 2024 vont exploser, et OpenAI sera en première ligne, les mains pleines de promesses en sucre. On parie que dans six mois, personne ne se souviendra de ces annonces ?