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OpenAI et le Royaume-Uni : un partenariat fantôme pour une révolution en carton

Huit mois après avoir signé un accord fracassant avec OpenAI, le gouvernement britannique n'a toujours pas testé une seule ligne de code. La 'révolution' promise pour les services publics se résume à un communiqué de presse et une facture à venir. Le ministère préfère les effets d'annonce aux effets concrets.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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Le Mémorandum du Vide

En octobre 2023, les ministres britanniques se pâmaient devant les caméras. Ils venaient de sceller un memorandum of understanding avec OpenAI, le nouveau messie de la Silicon Valley. Objectif affiché : utiliser l'IA pour 'relever les plus grands défis de la société' et réformer les services publics. Huit mois plus tard, une demande d'accès à l'information (FoI) vient de révéler la supercherie : zéro essai, zéro test, zéro prototype. Le partenariat du siècle n'a produit que du vent.

La com' avant le code

Pendant que les attachés de presse recyclaient les éléments de langage d'OpenAI, les serveurs de Whitehall sont restés désespérément vides de modèles GPT. Le Département de la Science, de l'Innovation et de la Technologie (DSIT), censé piloter cette révolution, admet lui-même qu'aucun projet pilote n'a été lancé. On imagine les réunions : des slides PowerPoint sur 'l'avenir disruptif', des discussions sur l'éthique, et un calendrier indéfiniment repoussé. La seule intelligence artificielle en action ici est celle qui génère des communiqués optimistes.

Qui paie la facture de l'hypothèque sur le futur ?

Derrière cette pantomime se cache la stratégie habituelle : acheter de la légitimité à crédit. Le gouvernement britannique, en quête désespérée de pertinence tech post-Brexit, s'offre un partenariat low-cost avec un géant. De son côté, OpenAI obtient un tampon 'approuvé par le gouvernement' pour ses futures négociations commerciales, le tout sans avoir à déployer la moindre infrastructure. C'est du win-win de façade. Les perdants, comme toujours, sont les citoyens à qui l'on vend des miracles numériques qui n'arrivent jamais.

La feuille de route qui mène nulle part

Le DSIT se défend en évoquant des 'discussions exploratoires' et un 'cadre de travail' en cours d'élaboration. Traduction : ils ne savent pas par quel bout prendre le problème. Entre les risques de sécurité, le coût exorbitant d'une licence à l'échelle nationale, et la complexité d'intégration dans des systèmes publics archaïques, la 'révolution' est au point mort. Ils ont signé un chèque en bois sur la promesse d'une technologie qu'ils ne comprennent pas et ne maîtrisent pas.

Conclusion : L'IA des vœux pieux

Cette histoire résume à elle seule le théâtre de l'innovation publique. On signe des partenariats avec des entreprises dont le business model est de capter des données et de vendre des abonnements. On annonce des transformations qui nécessiteraient des années et des milliards. Et on fait semblant de croire que l'IA va résoudre magiquement des décennies de sous-investissement. Le vrai défi n'est pas technologique, il est politique : cesser de confondre relations publiques et politique publique. En attendant, les serveurs d'OpenAI tournent à plein pour générer de la hype, pas pour traiter un seul dossier administratif britannique.

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