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OpenAI chez Amazon ? Microsoft avait les jetons

Les documents du procès Musk vs Altman dévoilent les vraies angoisses de Microsoft : perdre OpenAI au profit d'Amazon et se faire laminer sur Azure. Une leçon de realpolitik cloud qui vaut son pesant de bugs.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Figurez-vous que pendant que vous vous extasiez sur les exploits d'un bot Dota 2, les grands pontes de Microsoft et OpenAI s'envoyaient des emails bien plus croustillants que des scores de jeu. Les documents du procès Musk contre Altman viennent de balancer sur la place publique les véritables angoisses de Satya Nadella et de son CTO Kevin Scott : perdre leur précieux partenaire OpenAI au profit d'Amazon et se faire traîner Azure dans la boue. Oui, vous avez bien lu : le géant de Redmond tremblait à l'idée que sa poule aux œufs d'or aille cancaner chez AWS.

La peur au ventre derrière les milliards

Nous sommes en été 2017. OpenAI vient de montrer un bot qui atomise un joueur pro de Dota 2. Altman répond au félicitations de Nadella par une proposition de partenariat élargi. Mais ce que les communicants de Microsoft ont omis de vous dire, c'est que les échanges internes révèlent une inquiétude viscérale : et si Altman et sa bande décidaient de “storm off to Amazon” et de “shit-talk” Azure ? Traduction : partir chez le concurrent direct et casser du sucre sur le dos de votre cloud. Pas très glamour pour un acteur censé dominer l'IA.

Dota 2, le révélateur de faiblesse

La scène est savoureuse : alors que le bot d'OpenAI triomphe, les dirigeants de Microsoft stressent comme des gamins avant un examen. Leur arme secrète ? Un chèque en blanc. Mais l'argent ne calme pas tout. Les docs montrent que la crainte d'une défection vers Amazon était réelle, presque obsessionnelle. Et on les comprend : laisser filer la startup la plus en vogue de l'IA vers l'ennemi juré, c'eût été une humiliation monumentale pour Azure. Finalement, Microsoft a misé des milliards, mais la cicatrice est restée.

Qui se goinfre, qui se fait rouler ?

Aujourd'hui, OpenAI est la vitrine de Microsoft. Mais les documents judiciaires posent une question gênante : qui tient vraiment les rênes ? Satya Nadella a cédé à toutes les exigences d'Altman, jusqu'à accepter que la startup puisse “shit-talk” Azure en interne. C'est un peu le syndrome de Stockholm version corporate. Pendant ce temps, Amazon rigole sous cape en voyant son rival se plier en quatre pour une PME de l'IA qui pourrait demain lui préférer AWS. Et le contribuable dans tout ça ? Il paie la facture des data centers.

Satya, Kevin, un peu de dignité

On a connu Microsoft plus fier. Quand on possède l'un des trois clouds mondiaux, on ne se laisse pas marcher sur les pieds par une startup, même si elle joue à Dota mieux que vous. Mais non, la stratégie semble être : “Donnons-leur tout ce qu'ils veulent, pourvu qu'ils ne filent pas chez Bezos.” Pathétique. Ou alors très lucide : l'IA est le nouveau pétrole, et OpenAI en détient les droits d'extraction. Reste à savoir si le jeu en valait la chandelle, surtout quand on voit les résultats poussifs de Copilot et autres gadgets.

Alors, la prochaine fois que Microsoft vous vantera son partenariat avec OpenAI, souvenez-vous que derrière les sourires de façade, c'est la peur qui motive. Peur de perdre la poule aux œufs d'or, peur de se faire ridiculiser par AWS, peur de ne plus être le shérif de l'IA. Une leçon de realpolitik cloud qui vaut son pesant de bugs.

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