Encore un remaniement chez OpenAI. Comme si la boîte avait besoin d'une énième preuve que son leadership est aussi stable qu'un château de cartes en pleine tempête. Greg Brockman, co-fondateur et ancien président qui a fait un aller-retour express entre le conseil et la porte, reprend officiellement le pilotage des produits. Vous avez bien lu : le gars qui a déjà quitté une fois pour « exploration » (lisez : digestion difficile de la cuite à la Sam Altman) revient sur le pont, juste à temps pour le grand chambardement de l'unification ChatGPT-Codex.
Unifier ChatGPT et Codex : l'aveu d'une fragmentation
OpenAI nous serine qu'il s'agit de fusionner deux expériences en une seule « produit cœur ». Traduction : ils ont bidouillé deux briques tellement disparates que leur juxtaposition ressemble à un Frankenstein de start-up. ChatGPT, le chouchou du grand public, et Codex, le moteur de développement discret mais rentable, avaient chacune leur équipe, leur roadmap, leur ego. Maintenant, Brockman est sensé faire danser ces deux serpents dans le même panier. Belle définition de l'optimisme.
On notera que cette réorganisation intervient après une douzaine de restructurations en deux ans – si l'on suit le comptage officiel. Altman a changé de titre plus souvent qu'un caméléon en boîte de nuit. Le conseil d'administration ? Un jeu de chaises musicales dont les perdants sont toujours les mêmes : les employés et la cohérence produit. Pendant ce temps-là, Microsoft regarde la scène en sirotant son café, prêt à rafler la mise si l'incendie devient trop beau.
Brockman le revenant ou l'art de la résurrection corporate
Greg Brockman n'a jamais vraiment été absent – il a juste troqué son badge de président contre un strapontin au conseil en novembre 2023, après le putsch avorté contre Altman. Puis il s'est évaporé dans la nature en quête de « nouvelles directions », selon son propre lexique flou. Aujourd'hui il revient, auréolé du prestige de celui qui a signé les plus beaux moments d'OpenAI (GPT-4, le lancement de ChatGPT) mais aussi les plus gros cacas (les départs en série, les bugs de sécurité, la communication désastreuse).
Une chose est sûre : Brockman est un technicien de talent, mais il n'est pas un magicien. On lui demande de faire ce que personne n'a réussi jusqu'ici : aligner les intérêts divergents des équipes recherche, produit et business. Et tout ça avec le volcan Altman en arrière-plan qui ne demande qu'à balancer une nouvelle annonce tonitruante pour voler la vedette. Bon courage, Greg.
Qui se goinfre qui se fait rouler
Pendant que les ingénieurs suent pour rabibocher ChatGPT et Codex, les grands gagnants de cette danse sont les investisseurs – Microsoft en tête – qui attendent de voir si cette unification va enfin générer des revenus solides au-delà des abonnements ChatGPT Plus. Les perdants ? Les développeurs tierce partie qui avaient misé sur une intégration séparée de Codex, et les utilisateurs de ChatGPT qui vont devoir avaler une interface retapée sans préavis.
OpenAI communique comme si c'était une avancée majeure. La vérité est plus crue : c'est un aveu que leur architecture produit était déjà foutraque et que le leadership n'a pas su empêcher l'éclatement des features. Mais chut, il faut garder le mythe du génie californien intact. alors on appelle Brockman à la rescousse, on sort un communiqué pompeux, et on attend le prochain remaniement dans six mois.