Le nouvel eldorado : vendre du vent à l'IA
La startup Onix n'a pas inventé l'eau tiède, mais elle a trouvé comment la facturer au prix du champagne. Leur concept ? Une plateforme où vous payez pour discuter avec des répliques IA d''experts' en santé et bien-être. On appelle ça un 'Substack de bots'. Nous, on appelle ça un marché de la réassurance automatisée.
Des jumeaux numériques ? Plutôt des perroquets algorithmiques
Le procédé est d'une simplicité cynique. Onix entraîne un modèle de langage sur l'ensemble du contenu public d'un influenceur – posts Instagram, podcasts, ebooks à 47€. Le résultat ? Un chatbot qui parle exactement comme le gourou, avec ses tics de langage, ses promesses vides et, surtout, ses recommandations de produits. L'influenceur touche un pourcentage sur chaque minute de conversation. Son jumeau numérique, lui, travaille 24h/24 sans réclamer de congés payés.
Suivez l'argent, pas les conseils
Le modèle économique est limpide. La valeur ne réside pas dans la qualité des conseils – souvent non vérifiés scientifiquement – mais dans l'illusion d'accès et d'intimité. Pour 5 à 20 dollars la minute, vous avez l'impression de 'parler' à votre coach préféré. En réalité, vous dialoguez avec un système de vente automatisé calibré pour glisser subtilement vers une promotion de compléments alimentaires ou de programme de coaching 'premium'. L'arnaque du siècle n'est plus pyramidale, elle est neuronale.
La dérégulation faite bot
Le secteur de la santé et du bien-être est déjà un Far West réglementaire. Onix y ajoute une couche de flou technologique. Qui est responsable si le bot d'un 'naturopathe' donne un conseil dangereux ? La plateforme se cachera derrière son statut d'hébergeur. L'influenceur argüera que c'est 'juste une IA'. Le pigeon, lui, aura juste perdu son argent et potentiellement sa santé. Un transfert de risque parfait, emballé dans du jargon tech.
Conclusion : le crépuscule de l'expertise
Onix ne vend pas de l'intelligence artificielle. Elle vend la commodification ultime de la parole. Elle transforme la relation d'aide, déjà fragile, en flux de tokens monnayables. Le message est clair : tout peut être automatisé, même la confiance. Surtout la confiance. La prochaine étape ? Des bots qui s'entraînent sur d'autres bots, dans une boucle infinie de contenu dégénéré. Le marché sera ravi. Votre santé, un peu moins.