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Ofcom, le régulateur qui met des rustines sur un Titanic numérique

160 morts, 950 000 £ d'amende. Ofcom continue de traiter le cyber-suicide comme une simple incivilité. Pendant que Big Tech encaisse, la mort a un prix de gros.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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950 000 livres sterling. C'est le montant de l'amende infligée par Ofcom à un forum américain spécialisé dans les méthodes de suicide. Un forum qui a directement contribué à la mort de plus de 160 personnes au Royaume-Uni. Faisons un petit calcul de coin de table : 5 937 livres par vie brisée. Voilà le prix que Big Tech et son régulateur de pacotille sont prêts à payer pour ne pas bouger leur gros fainéant de fauteuil.

La mort a un prix… et il est dérisoire

L'argument officiel ? Ofcom « renforce ses efforts » pour un internet plus sûr. Quelle blague. Ce n'est pas un renforcement, c'est une tape sur les doigts avec une plume d'oie. Le site en question était identifié depuis des années comme un repaire de prédation suicidaire. Des familles entières ont hurlé dans le vide. Et Ofcom sort le carnet de chèques six ans trop tard, en laissant la porte ouverte à une procédure « corrective » que l'opérateur américain pourra traîner devant les tribunaux pendant encore une décennie. Pendant ce temps-là, combien d'autres adolescents auront trouvé la « recette parfaite » sur ce même forum ?

Jess Phillips a raison, mais elle parle dans le vide

La ministre de la Protection sociale s'est dite « frustrée » par la lenteur du système. On la comprend : quand des familles enterrent leurs enfants, les « préoccupations » d'un régulateur ont un goût de cendre. Le vrai problème, c'est que cette frustration est un aveu d'impuissance. Non seulement le Online Safety Bill est un colosse aux pieds d'argile, mais Ofcom lui-même semble terrorisé à l'idée de faire trembler les serveurs de Big Tech. Un forum basé aux États-Unis ? Et alors. On a bien sanctionné des banques suisses. Il suffirait de bloquer les accès – ce qu'Ofcom menace de faire… un jour, peut-être.

Ofcom, le régulateur qui joue à la console

Regardez bien la stratégie : une amende ridicule (950 000 £, c'est le salaire annuel d'un trader chez Goldman Sachs), assortie d'une « chance de se racheter ». Traduction : « On enverra une lettre, et si vous ne l'ouvrez pas, on enverra une autre lettre. » Le régulateur britannique des télécoms a les dents longues mais les crocs en caoutchouc. Pendant ce temps, la plateforme continue de générer du trafic, de la publicité – et des cadavres. Qui se goinfre ? Les hébergeurs, les fournisseurs de paiement, les annonceurs. Personne n'est inquiété. Le business model de la mort reste florissant.

Ni neutre, ni objectif : prendre parti pour les vivants

Susanoo News n'est pas là pour jouer les équilibristes. Ofcom doit cesser de ménager la chèvre et le chou. Soit on interdit ce genre de contenus, avec des peines pénales pour les dirigeants qui les hébergent, soit on avoue que le suicide en ligne est un simple « coût externe » du capitalisme numérique. Les 160 familles endeuillées méritent mieux qu'une amende de poche et des communiqués larmoyants. Le temps des « préoccupations » est fini. Il est temps de dégainer l'artillerie lourde : blocages DNS immédiats, poursuites pénales extraterritoriales, responsabilité pénale des dirigeants. Ou alors on continue à jouer les Pères Noël de la Silicon Valley et on laisse mourir les gosses. C'est ce qu'on appelle un choix de société.

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