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Nomadic empoche 8,4 millions pour faire le ménage dans le bazar des voitures autonomes

Nomadic lève 8,4 millions de dollars pour 'structurer' le déluge de données des véhicules autonomes. Traduction : une industrie qui a promis la Lune depuis une décennie génère tellement de vidéos inutiles qu'il faut désormais une startup entière, et des millions, pour essayer d'y trouver quelque chose d'exploitable. Le rêve de la conduite sans mains se transforme en cauchemar de gestion de stockage cloud.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Le grand nettoyage des promesses non tenues

La nouvelle est tombée avec le langage lisse habituel : Nomadic, une startup, a levé 8,4 millions de dollars en seed funding. Sa mission ? Prendre le torrent de données vidéo déversé par les capteurs des véhicules autonomes et tenter d'en faire des ensembles de données 'structurés et exploitables'. Derrière le vernis technologique, on touche le fond du baril. L'industrie a tellement inondé le monde de pétaoctets de rues filmées qu'elle doit maintenant payer cher pour que quelqu'un nettoie son propre gâchis.

Vos promesses, leurs problèmes (de data)

Pendant des années, Waymo, Cruise et consorts ont parcouru des millions de kilomètres, engrangeant chaque centimètre sur des disques durs. Leur argument ? Plus de données = une intelligence plus sûre. La réalité ? Un tas de données brutes, désorganisées et largement inutiles qui coûtent une fortune à stocker et à traiter. Nomadic se présente donc comme la société de nettoyage après la fête, armée d'un modèle de deep learning. Ironie suprême : on utilise de l'IA pour réparer les dégâts causés par la quête frénétique de données pour... d'autres IA.

Suivez l'argent, pas la voiture

Qui met la main à la poche ? Eclipse et Root Ventures mènent ce tour. Leur pari ? Que le 'goulot d'étranglement' de la data est la nouvelle frontière lucrative. Ils ne financent pas la voiture qui se conduit seule – ce rêve a déjà englouti des dizaines de milliards avec des résultats mitigés. Non, ils financent la pelle et la brouette pour déblayer le chantier. C'est un aveu : l'infrastructure du rêve autonome est si bancale qu'elle crée des opportunités commerciales dans le simple fait de ranger ses outils.

La structuration, dernier rempart avant l'aveu d'échec

Le terme 'structuré' est la clé. Il signifie que la majorité des données collectées sont du bruit. Des heures de vidéo de lignes blanches, de trottoirs vides, de ciels dégagés. Le Saint-Graal, l'événement rare – le 'scénario corner' – est noyé dans la masse. Nomadic vend donc l'espoir de trouver une aiguille dans une botte de foin numérique. Si l'industrie avait été plus intelligente dans sa collecte, elle n'aurait pas besoin de ce service. Elle ne l'a pas été. Voilà le business model.

Conclusion : Le balai avant la faillite ?

Nomadic peut très bien réussir. Le marché du nettoyage de données est appelé à croître à mesure que l'hiver de l'autonome s'installe et que les investisseurs exigent enfin de la rigueur. Mais célébrer cette levée de fonds comme une avancée technologique, c'est manquer le point. C'est le symptôme d'une industrie en panne sèche d'idées, qui monétise désormais ses propres erreurs de jugement. Ils ne vendent pas l'autonomie. Ils vendent des sacs-poubelle pour les déchets de l'autonomie. Bonne chance à eux. Ils vont en avoir besoin.

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