Kathy Hochul, la gouverneure de New York, vient de signer un moratoire sur les nouveaux data centers d'IA dans l'État. Un geste courageux pour protéger les citoyens de l'ogre technologique, diront les naïfs. Mais attendez de voir ce qu'elle fait après avoir signé. Dans un entretien au podcast Odd Lots de Bloomberg, elle a lâché la bombe : son équipe utilise justement l'IA pour analyser « chaque règle, chaque règlement, chaque politique » de l'État. Une décision qui sent le gaz d'échappement de l'hypocrisie à plein nez.
La technique du « ne faites pas ce que je fais, faites ce que je dis »
Pendant que les géants de la tech voient leurs projets de data centers gelés, le bureau de la gouverneure déploie des algorithmes pour traquer les lois obsolètes. Les exemples ? Une taxe de 25 dollars pour promener son chien à la chasse, ou l'obligation pour les femmes enceintes d'obtenir un permis pour travailler après minuit. Tout ça, c'est du pain béni pour une IA qui « aurait mis cinq ans à des humains », selon Hochul elle-même. Mais qui a développé cet outil ? Combien coûte-t-il ? Quels biais d'apprentissage a-t-il ? Silence radio. On nous dit juste que c'est super, que c'est efficace, que c'est moderne. Bref, on nous prend pour des jambons.
La schizophrénie régulatrice new-yorkaise
Cette situation est un cas d'école du double discours politique : d'un côté, on freine des deux pieds sur l'économie de l'IA (les data centers, c'est du lourd en termes de consommation énergétique et de pollution), de l'autre on ouvre grand les portes de l'administration à la même technologie. On interdit aux autres ce qu'on s'autorise, en version petits privilèges. C'est comme si un pompiste interdisait l'essence aux voisins tout en faisant le plein de son propre 4x4. Le moratoire sur les data centers a été présenté comme une mesure écologique – mais si l'IA de la gouverneure tourne sur des serveurs dans un data center (peut-être même hors de l'État pour contourner sa propre loi ?), où est la cohérence ?
Des lois ridicules à la pelle, mais pas de transparence
Bien sûr, il y a des règlements absurdes qu'il faut abroger. La taxe pour chasser avec un chien est digne d'un sketch des Monty Python. Mais est-ce vraiment urgent de dépenser des ressources en IA pour ça alors que des milliers de New-Yorkais crèvent dans des logements insalubres et que les transports publics sont en ruine ? La gouverneure préfère se faire mousser en racontant qu'elle « nettoie la paperasse ». Sauf que la paperasse, c'est aussi les règles qui protègent les travailleurs, les locataires, les malades. Une IA qui analyse « chaque règle » sans transparence, c'est le meilleur moyen de supprimer des protections sans débat démocratique. Madame Hochul, vous jouez avec le feu.
Conclusion : une IA de poche pour des réformes gadgets
Le plus drôle dans cette histoire, c'est que pendant que la gouverneure se prend pour une startup en mode disruption administrative, elle continue de bloquer l'infrastructure qui rendrait cette IA vraiment utile (des data centers propres, locaux, régulés). Résultat : une mesurette qui ne changera rien au fond, mais qui permet de faire la une médiatique. On attend toujours de savoir si l'IA a trouvé des doublons dans le code du travail, ou si elle va simplement se contenter de dénicher des perles rares pour amuser la galerie. En attendant, la prochaine fois qu'un New-Yorkais aura besoin d'un permis pour travailler la nuit parce qu'il est enceint, il pourra remercier Hochul de lui offrir une solution 2.0 : une IA qui lui répondra que c'est une loi débile, mais qu'il faut quand même la respecter jusqu'à son abrogation (dans combien de temps ?).