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Musk se lance dans les puces : le Terafab, ou l'art de promettre des usines comme on promet des tunnels

Elon Musk annonce une usine à puces pour résoudre une crise qu'il contribue à alimenter. Sans expertise, sans roadmap, mais avec un appétit vorace pour les subventions et l'attention. Le Terafab sent le coup de com' à 100 milliards.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Le sauveur autoproclamé de l'offre en silicium

Elon Musk a donc annoncé, avec le sérieux d'un homme qui promettait des taxis volants pour 2020, la construction d'une usine de fabrication de semi-conducteurs à Austin, Texas. Le « Terafab » serait une coentreprise Tesla-SpaceX, destinée à alimenter en puces les robots, l'IA et les data centers spatiaux de l'empire Musk. Face à la pénurie de puces qui étrangle l'industrie, le milliardaire joue les chevaliers blancs. Un rôle qui lui va si bien, surtout quand il s'agit de détourner l'attention des rappels massifs de Cybertruck ou des fusées Starship qui finissent en confettis.

Leçon d'humilité (à 100 milliards de dollars près)

Construire une foundry, c'est un peu plus complexe que de lancer une fusée en carton depuis Boca Chica. Cela nécessite des dizaines de milliards de dollars, une décennie de développement, une armée d'ingénieurs spécialisés et un savoir-faire que même Intel peine à maîtriser. Musk, dont l'expertise en semiconducteurs se résume à acheter des puces chez Nvidia et TSMC, pense visiblement pouvoir réinventer le wheel. Bloomberg a gentiment rappelé son « historique à promettre des miracles technologiques ». Nous, on appelle ça du storytelling boursier.

Le jeu des trois cupides : Tesla, SpaceX, et le contribuable texan

Qui va payer ? La question est rhétorique. Austin a déjà roulé le tapis rouge pour Tesla avec des exemptions fiscales monumentales. Le Terafab sent bon le nouveau chantage à l'emploi et les subventions publiques déguisées. L'objectif affiché est l'autosuffisance pour les entreprises de Musk. En réalité, c'est un moyen de verrouiller une chaîne d'approvisionnement à moindre coût (pour lui) et de créer un nouvel argument pour lever des fonds. Les actionnaires de Tesla adorent quand Elon diversifie dans des secteurs qu'il ne connaît pas. Jusqu'au prochain « quarter décevant ».

La roadmap ? Probablement dans le même tiroir que le Full Self Driving

Pas de date. Pas de partenaire technologique identifié. Pas de détails sur le nœud de fabrication (7nm ? 5nm ? 28nm ?). Juste une annonce sur X, la plateforme qu'il a rachetée et qui brûle des millions par mois. Le pattern est usé jusqu'à la corde : annonce tonstrueuse, levée de fonds ou boost du sentiment marché, puis report silencieux ou pivot. Le Terafab a autant de chances de produire des puces de pointe d'ici 2030 que le Hyperloop de relier San Francisco à L.A. En attendant, le vrai jeu se joue à Taïwan et en Corée du Sud, où les adultes de l'industrie, eux, fabriquent déjà l'avenir.

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