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ENTREPRISESIL Y A 19H3 MIN DE LECTURE

Musk recrute Intel pour son usine à rêves AI

Elon Musk, à court de puces pour ses projets les plus délirants, s'accroche à Intel comme à une bouée de sauvetage. Le fabricant en perte de vitesse trouve là un client désespéré pour son business de fonderie moribond. Une alliance de la dernière chance, financée par les promesses d'une introduction en bourse de SpaceX.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE VERGE AI
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Le mariage de la carpe et du requin affamé

Quand un visionnaire en manque de silicium rencontre un fabricant en quête de sens, cela donne le partenariat annoncé ce mardi. Intel, l'ex-géant qui a raté le virage mobile puis celui des GPU, vient de signer pour aider à concevoir et construire la « Terafab » d'Elon Musk à Austin. Traduction : Musk n'a ni l'expertise ni probablement les fonds liquides pour bâtir seul son usine, et Intel n'a plus assez de clients pour sa fonderie IFS (Intel Foundry Services), qui a perdu 7 milliards de dollars depuis 2021.

Des puces pour quoi faire ? L'inventaire du fantasme

La justification du projet tient en une liste de souhaits digne d'une lettre au Père Noël. Les puces doivent alimenter : les voitures autonomes de Tesla (dont le FSD reste un niveau 2 surévalué), les robots humanoïdes Optimus (qui trébuchent encore sur scène), et surtout, les data centers que SpaceX veut... lancer dans l'espace. Oui, vous avez bien lu. Musk prévoit d'envoyer des serveurs en orbite, pour une latence réduite ou pour échapper à la régulation terrestre ? Le communiqué reste flou, mais le projet est assez farfelu pour nécessiter une nouvelle catégorie de dépenses en R&D.

La vraie monnaie d'échange : l'introduction en bourse de SpaceX

Le timing n'est pas un hasard. SpaceX prévoit son introduction en bourse (IPO) plus tard cette année. Rien de tel qu'un partenariat avec un nom connu comme Intel pour doper la valorisation et faire oublier que l'essentiel des revenus de la société vient toujours... de lancements de satellites pour le gouvernement américain. Terafab est le conte de fées technologique parfait à raconter aux investisseurs : une supply chain verticale, de l'AI, et la promesse de dominer le futur compute. Intel, de son côté, peut brandir un « client majeur » pour tenter de faire oublier qu'il a été distancé par TSMC et même Samsung.

Qui paie la note ?

La question reste en suspens. Construire une fonderie de pointe coûte plus de 20 milliards de dollars. Entre les déboires de Tesla, les dépenses pharaoniques de X (ex-Twitter), et les trous noirs financiers que sont xAI et The Boring Company, la trésorerie de Musk est tendue. Le partenariat avec Intel sent l'arrangement « services contre promesses » ou, plus probablement, contre une future prise de participation. Intel investit son savoir-faire en espérant un retour sur investissement quand (et si) l'usine produira. Un pari risqué, étant donné le track record de Musk sur les délais.

Notre verdict : un Hail Mary pass technologique

Terafab est moins une usine qu'un vœu pieux matérialisé. C'est le projet de celui qui a besoin de puces, n'arrive pas à en acheter assez chez Nvidia, et se dit « tant pis, je la construis moi-même ». Faire appel à Intel, l'équipementier qui a échoué à livrer ses propres puces à temps pendant des années, est un aveu de faiblesse. Cette alliance sent la dernière chance : pour Musk de crédibiliser ses projets AI les plus fous, pour Intel de redonner un sens à sa fonderie. Leurs échecs respectifs les ont réunis. Ça ne fait pas une garantie de succès, mais ça promet un spectacle fascinant.

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