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Musk contre Altman : le tribunal des ego surdimensionnés

Le premier round du procès le plus narcissique de la décennie s'est joué devant des juges blasés. Spoiler : personne n'est le gentil, mais les avocats, eux, se frottent les mains.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : MIT TECHNOLOGY REVIEW
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Deux des hommes les plus puissants de la tech – Sam Altman, le golden boy d’OpenAI, et Elon Musk, le magnat en roue libre – se sont retrouvés cette semaine devant un tribunal de San Francisco. Pas pour régler le sort de l’humanité, non, juste pour savoir qui a le plus gros… portefeuille d’actions. Le premier round du procès le plus narcissique de la décennie s’est joué devant des juges visiblement blasés. Spoiler : personne n’est le gentil.

Le réquisitoire du milliardaire pleurnichard

Elon Musk, qui avait pourtant cofondé OpenAI en 2015 avec un chèque de 50 millions de dollars, accuse aujourd’hui Altman et son équipe de l’avoir trahi en abandonnant la mission « open source » au profit d’un modèle lucratif. Traduction : « J’ai perdu le contrôle, et ça me rend fou. » Le procès, qui a débuté le 12 mars 2024, révèle des échanges de mails où Musk exigeait d’être CEO à vie, pendant qu’Altman lui promettait monts et merveilles. Ironie : Musk a lui-même tenté de racheter OpenAI en 2018 pour 1 milliard, offre refusée. Aujourd’hui, l’entreprise est valorisée à 80 milliards. Mauvaise pioche, Elon.

OpenAI, la démocratie mise en vente

Mais le procès n’est pas le seul sujet de cette newsletter qui se veut « neutre ». Non, on nous sert aussi un dossier sur « l’IA pour la démocratie ». Vous savez, ce joli concept marketing qui consiste à mettre des algorithmes dans les urnes en promettant transparence et participation. Sauf que les mêmes entreprises qui financent ces projets – Google, Meta, et bien sûr OpenAI – sont celles qui collectent vos données comme des aspirateurs. Le projet phare, « AI for Democracy », lancé en grande pompe à Davos en janvier 2024, a déjà englouti 200 millions de dollars. Résultat ? Une plateforme de vote en ligne qui utilise un modèle de langage propriétaire. Parce que confier votre bulletin à une boîte noire privée, c’est ça, la démocratie moderne. On vous rappelle que Cambridge Analytica n’est jamais très loin.

Qui se goinfre dans ce feuilleton ?

Suivons l’argent. Derrière le clash Musk vs Altman, ce sont des cabinets d’avocats qui se frottent les mains : Wachtell, Lipton, Rosen & Katz facturent 1 200 dollars de l’heure pour défendre Altman. Côté Musk, Quinn Emanuel n’est pas en reste. Estimez le coût total du procès : au bas mot 50 millions en frais juridiques, sans compter le temps perdu par des ingénieurs qui auraient pu, vous savez, travailler sur la sécurité de l’IA. Mais non, on préfère régler des comptes sur le parking. Pendant ce temps, les régulateurs européens discutent encore pour savoir s’il faut encadrer les deepfakes. Classe.

Alors, qu’avons-nous appris cette semaine ? Que le mot « open » est aussi flexible que la parole d’un vendeur de voitures d’occasion. Que « démocratie » est un terme qui vous donne bonne conscience quand vous lancez un produit à 20 milliards. Et que, au fond, ces procès ne sont que la partie émergée d’un iceberg de mégalomanie. Le monde a besoin de régulation, pas de reality show judiciaire. Mais tant que les juges accepteront les costumes en soie et les témoins experts à 10 000 dollars la déposition, le cirque continuera.

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