Elon Musk et Sam Altman en viennent aux mains. Le plus grand cirque judiciaire de la tech en 2024 va enfin trancher une question qui hante la Silicon Valley depuis une décennie : OpenAI est-elle une organisation vertueuse ou une pompe à cash déguisée en sauvetage de l'humanité ? Accrochez vos ceintures, ça va saigner.
La promesse en carton-pâte
En 2015, Musk, Altman et une poignée de milliardaires (dont Peter Thiel) jurent sur la tête d'Elon que OpenAI restera à but non lucratif et open source. "Pour le bien de l'humanité", claironnaient-ils. Musk crache 44 millions de dollars dans le pot commun. Sauf que le bien de l'humanité, ça paie mal, et Altman n'a jamais été un moine bouddhiste.
Le virage à 180 degrés (et le portefeuille qui suit)
En 2019, OpenAI se réinvente en "capped-profit" – un oxymore qui sent le sapin. Altman justifie : "Il faut de l’argent pour attirer les talents". Traduction : il faut de l'argent pour attirer les investisseurs. Microsoft débarque avec 13 milliards de dollars en poche. La mission caritative ? Reléguée aux oubliettes. Quand Musk veut mettre son grain de sel et proposer de prendre le contrôle, Altman le vire du conseil d'administration. L'ego du milliardaire à la Tesla ne digère pas.
Qui se goinfre ? Tout le monde, sauf le public
Le procès, c'est avant tout une guerre de trônes. Musk accuse Altman d'avoir "frauduleusement abandonné la mission non lucrative" pour s'enrichir. Mais rappelons que Musk lui-même dirige Tesla, SpaceX, Neuralink, X – des boîtes qui n'ont jamais brillé par leur philanthropie. De l'autre côté, Altman et Microsoft empochent les bénéfices de ChatGPT sans partager les droits d'auteur des données de la création. Le jury devra trancher ce paradoxe : une organisation qui se dit altruiste mais qui accumule des brevets et des milliards en gardant ses modèles fermés.
Ce que les avocats vous cachent
En réalité, ce procès ne décidera pas du sort de l'humanité. Il décidera qui a le droit de faire du fric avec l'IA. Si Musk gagne, OpenAI devra peut-être ouvrir ses coffres et ses modèles – mais Musk n'a rien d'un Robin des Bois libertaire. Si Altman gagne, le mythe de l'IA au service de tous s'effondre définitivement. Dans les deux cas, les seuls gagnants seront les cabinets d'avocats, qui se goinfrent déjà avec des honoraires à huit chiffres. Alors pendant que les jurés suent sur des contrats de 2015, le reste du monde trinque. Santé.