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Musk bave sur l'IA, Tesla fait de la tôle

Musk consacre plus de la moitié de ses conférences à des robots qui n'existent pas encore, pendant que les voitures Tesla accumulent les défauts. Le dernier avatar d'un homme qui confond réalité et fantasme, au détriment de ses actionnaires et de ses clients.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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Résultat d'une analyse minutieuse des conférences téléphoniques de Tesla sur sept ans : Elon Musk consacre plus de la moitié de son temps à causer robots, IA et autres chimères futuristes. Pendant ce temps, la voiture elle-même est traitée comme un vulgaire accessoire. Une nouvelle qui va ravir les actionnaires, évidemment. Pas pour les bonnes raisons.

Le gourou a parlé, mais de quoi exactement ?

Sept ans, vingt-huit appels investisseurs, des centaines de minutes débitées dans le vide. Musk aurait pu parler des livraisons en Europe, des marges en chute libre ou des rappels massifs. Rien de tout ça. À la place, on a eu droit à des élucubrations sur Optimus, le robot humanoïde qui doit sauver l'humanité, ou sur Full Self-Driving, cette promesse tenue depuis si longtemps qu'elle devient une religion. Le chiffre est tombé : plus de 50% du temps de parole consacré à ces mirages. Tesla, l'entreprise automobile, est devenue le prétexte à la réalisation du fantasme techno-messianique de son patron.

La voiture ? Connais pas

Pendant que l'icône de la Silicon Valley disserte sur les capteurs et les neurones artificiels, les usines sortent des Model 3 dont les finitions font pleurer leurs propriétaires. Les pannes de batterie se multiplient aux bornes de recharge, la qualité des matériaux intérieurs prête à rire, et les rappels en série deviennent une routine bien rodée. Mais ne nous inquiétons pas : le robot Optimus fera bientôt la vaisselle. Il ne fera peut-être pas avancer Tesla en Bourse, mais il fera les gros titres. C'est tout ce qui compte pour un homme qui confond marketing et stratégie industrielle.

Qui se goinfre, qui se fait rouler

Les actionnaires qui gobent cette poudre de perlimpinpin se gargarisent d'une valorisation qui n'a plus rien à voir avec la réalité du marché. Les ventes de Tesla ne progressent plus que par à-coups, face à une concurrence chinoise féroce et à des constructeurs historiques qui, eux, n'ont pas oublié qu'une voiture doit rouler avant de philosopher. Pendant ce temps, Musk empoche des packages de rémunération délirants, indexés sur des objectifs de capitalisation, pas sur des volumes de ventes. Un système parfaitement auto-référentiel : tant que le mythe tient, l'argent coule.

Et les clients ? Ah, les clients…

Eux attendent une mise à jour logicielle pour que leur clignotant fonctionne enfin. Ou une finition correcte pour leurs 60 000 euros. Mais non, on leur promet des taxis autonomes pour l'année prochaine, comme on leur promettait que la conduite 100% autonome arriverait en 2019. Les belles paroles ne changent pas une roue crevée, et la patience des consommateurs a des limites que même l'IA ne sait pas calculer.

Le fond du problème

Musk ne s'intéresse plus à Tesla. Il s'intéresse à ce que Tesla peut devenir dans son esprit : une entreprise de robots, d'IA, de rêve. C'est magnifique, mais c'est surtout très lucratif pour un homme qui vit dans sa propre tête. Pendant que vous attendez que votre voiture démarre sans bug, il invente le prochain pitch. Prenez votre mal en patience, et surtout, n'oubliez pas de payer le service premium. L'avenir, c'est maintenant. Sauf pour votre voiture.

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