Deuxième semaine du procès qui oppose le pharaon de l’électrique à la start-up à la gueule d’ange. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les cartons de dossiers volent bas. Alors que la première semaine nous avait gratifiés d’un Elon Musk en pleine comédie du « j’ai été trahi par mes petits camarades », la suite promet des révélations qui sentent le roussi pour l’homme le plus riche de la planète.
Le coup de théâtre : Zilis vide son sac
On attendait des témoignages techniques. On a eu du lourd. Shivon Zilis – oui, celle qui a eu des jumeaux avec Musk tout en siégeant au conseil d’OpenAI – a balancé sur le tapis : Elon Musk a personnellement tenté de débaucher Sam Altman pour le faire venir chez Tesla ou xAI, en pleine période de tension. La défense d’OpenAI a sauté sur l’occasion : « Regardez, le monsieur qui pleure trahison est en fait un harceleur de talents ». Autant dire que la crédibilité de la partie civile en prend un coup. Les 38 millions de dollars que Musk prétend avoir donnés sur la base d’une promesse non tenue ? Simple monnaie d’échange d’un mec qui voulait la lune, pas sauver l’humanité.
OpenAI contre-attaque : pas de pitié pour le milliardaire pleurnichard
Le camp Altman n’a pas perdu de temps. Dans ses mémoires déposées au tribunal, OpenAI affirme que Musk a toujours su que la structure à but lucratif était dans les cartons. Preuves à l’appui : des e-mails où Musk lui-même suggère de passer en société commerciale. Bref, le procès tourne au jeu de massacre pour l’accusateur. Les avocats d’OpenAI déroulent une chronologie qui montre un Elon changeant d’avis comme de chemise : tantôt pour l’open source, tantôt pour le contrôle total. Et bien sûr, il n’a pas payé un centime depuis 2018. « Il voulait juste garder la main sur une IA qui ne lui appartenait pas », résume un expert cité par Bloomberg.
Derrière la vitrine humaniste, une vilaine querelle d’ego et de gros sous
Ce procès est une fenêtre ouverte sur les égouts de la Silicon Valley. D’un côté, Musk qui se présente comme le gardien d’une IA éthique – mais qui n’hésite pas à utiliser ses fonds pour siphonner les talents d’un concurrent. De l’autre, OpenAI qui joue la carte de la victime mais qui a déjà levé des milliards en se rapprochant de Microsoft. Les 38 millions de Musk ? Une broutille. Le vrai enjeu, c’est le pouvoir sur la technologie qui façonnera le monde dans dix ans. Et les deux camps sont prêts à tout pour le garder. Le public, lui, peut regarder le cirque en payant son abonnement ChatGPT ou en achetant une Tesla. Ironie, quand tu nous tiens.
La morale de l’histoire : personne ne sauve l’humanité, tout le monde sauve ses actions
Les faits sont là : Musk a voulu voler le CEO d’OpenAI. OpenAI a voulu garder son butin. Les juges vont devoir départager deux milliardaires en pleine crise de maturité. Pendant ce temps, des chercheurs en IA qui gagnent 80 000 dollars par an essaient de faire avancer le domaine sans se faire écraser par les éléphants. Mais qui s’en soucie ? Le spectacle continue. Prochaine séance dans huit jours : on attend la sortie de route du clown en chef.