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Molière en pilote automatique

Un clown digital déguisé en Molière, applaudi à Versailles. On a remplacé le génie par un prompt, et on appelle ça de l’art. La culture française est en train de se faire avaler par sa propre vanité technique.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : THE GUARDIAN AI
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Versailles, lieu du faste et du kitsch permanent. On y a présenté la semaine dernière une « nouvelle œuvre » du dramaturge Molière. Sauf que l’auteur dort au Père-Lachaise depuis 1673. Alors qui a écrit ça ? Un logiciel. Le Chat, un outil d’IA made in France, a pompé du Molière, recraché des alexandrins fades, et on a osé appeler ça du théâtre.

L’IA, nouvelle muse des Sorbonnards

Des chercheurs de la Sorbonne ont nourri un modèle avec les textes du maître. Résultat : une pièce où les répliques sont « dans le style de », façon moteur de recherche qui complète vos phrases. 350 ans après sa mort, Molière se fait cloner sans son consentement posthume. On applaudit la prouesse technique mais personne ne pose la question qui fâche : est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce qu’un algorithme de plus est vraiment ce dont la culture française a besoin ?

Le Bourgeois Gentilhomme algorithmique

Costumes, décors, musique… Tout a été généré ou assisté par l’IA. On dirait un catalogue Ikéa du XVIIe siècle. Le Chat, l’outil star de la startup française, est présenté comme le sauveur de la création. En réalité, c’est une usine à gaz qui permet à des gens en costard-cravate de se donner des airs de mécènes modernes pendant qu’ils détruisent méthodiquement ce qui reste de l’art vivant.

Qui se goinfre, qui se fait rouler

Derrière ce « projet expérimental », on trouve des labos subventionnés, des communicants qui se frottent les mains, et un château de Versailles en mal de buzz. Aucun acteur réel n’a été consulté sur la pertinence de l’opération. Les vrais créateurs de théâtre, eux, galèrent à boucler leur saison pendant que l’on claque des budgets pour faire parler un bot. Le vrai Molière doit se retourner dans sa tombe.

Conclusion : l’IA ne remplacera jamais l’esprit

On peut faire du Molière sans Molière. On peut même faire du faux Molière avec une élégance technique. Mais un génie, ça ne se calcule pas en tokens. L’expérience de la Sorbonne est une belle démonstration de ce que la tech peut produire : du vide hyperréaliste. Et on nous vend ça comme une avancée. En attendant, le rire de Molière reste inégalable, et aucun algorithme ne saura jamais ce que c’est que d’être humain, ni même d’être ridicule.

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