Ah, le Massachusetts Institute of Technology. Temple du savoir, usine à brevets, machine à fabriquer des élites. Et voilà que ses alumni et amis se mobilisent pour défendre la « recherche, l'innovation, l'éducation ». Traduction : ils veulent continuer à écrémer les meilleurs sans se soucier de savoir qui reste sur le carreau.
Le mérite comme cache-sexe
« Admissions basées sur le mérite », clament-ils. Vraiment ? Le MIT affiche un taux d'admission de 4 % et un coût annuel de 77 000 $ (frais de scolarité, logement, etc.). Le mérite, oui, si vous avez eu la chance de naître dans un lycée qui prépare au SAT, avec des parents qui peuvent payer les cours particuliers. La bourse d'études existe, certes, mais l'endowment du MIT dépasse les 27 milliards de dollars. De quoi offrir des bourses généreuses – mais pourquoi le faire quand on peut garder l'argent pour les nouvelles tours de verre et les salaires des administrateurs ?
La science au service de qui ?
« Avancées qui augmentent la santé, la sécurité et la prospérité américaines ». Super. Pendant que le MIT pompe des milliards de subventions fédérales et corporate, ses chercheurs développent des armes autonomes, des algorithmes de surveillance et des technologies qui creusent le fossé entre les 1 % et le reste. La prospérité américaine ? Celle des actionnaires de Lockheed Martin et de Google, pas celle de l'ouvrier du Massachusetts dont l'usine a fermé. Et la santé ? Les traitements à 2 millions de dollars issus des biotechs du MIT ne profitent qu'à ceux qui ont une bonne mutuelle.
Servir la nation et le monde – ou l'inverse ?
« Notre communauté se mobilise pour MIT et sa mission de servir la nation et le monde ». Hilarant. La mission du MIT, c'est de former une élite déconnectée qui va diriger les mêmes structures qui nous enfoncent. Quand l'université s'est mise en grève contre les coupes budgétaires, c'était uniquement quand ses propres financements étaient menacés. Pas un mot sur les étudiants écrasés de dettes (le prêt moyen à la sortie est de 35 000 $). Pas un mot sur les contrats militaires (le MIT Lincoln Labs absorbe près d'un milliard de dollars public par an).
Rejoignez-nous – pour cautionner le système
L'appel à « nous rejoindre à ce moment » est un classique : une pétition de façade, quelques tweets, et hop, les alumni peuvent se sentir vertueux sans rien changer. Le problème n'est pas la recherche ou l'innovation. C'est qu'elles sont confisquées par une caste qui les utilise pour justifier ses privilèges. Alors, cher MIT, arrêtez de pleurnicher sur votre « mission ». Commencez par ouvrir vos portes gratuitement, coupez les financements militaires, et mettez vos 27 milliards au service de l'éducation réelle. En attendant, votre « stand up for research » sent le réchauffé corporatiste.